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 ARRESTATION DE L’EX- MINISTRE MAHAMADOU CAMARA :Acte d’assainissement ou acte de diversion ?

L’ex-directeur de cabinet de la présidence malienne, Mahamadou Camara, a été inculpé et placé hier, 23 septembre 2021, sous mandat de dépôt. Cet ancien collaborateur direct d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), est poursuivi pour atteinte aux biens publics, corruption et trafic d’influence. On se rappelle que cet ancien ministre de la Communication avait passé près d’un mois en détention en 2020, avant que la Cour d’appel de Bamako n’annuelle la procédure le concernant. Et pendant que l’on pensait qu’il s’était tiré d’affaire, voilà que la Justice malienne veut voir plus clair dans l’affaire d’achat d’un avion présidentiel et des contrats d’équipements militaires, qui lui colle à la peau comme une sangsue. Mahamadou Camara parviendra-t-il à se blanchir dans cette affaire ? On en doute fort. Tout porte à croire que tous ceux qui ont trempé leur main dans le cambouis vont devoir rendre des comptes à la Justice. On est d’autant plus fondé à le penser que Mahamadou Camara n’est pas le seul ancien ministre d’IBK à se retrouver derrière les barreaux.  C’est d’autant plus vrai que les anciens ministres Soumeylou Boubeye Maïga et Bouaré Fily Sissoko ont aussi été inculpés et incarcérés il y a un mois dans le cadre de la même enquête. Sale temps donc pour d’anciens ministres d’IBK. Cela dit, l’on ne peut s’empêcher de s’interroger sur les motivations réelles de la Justice malienne qui semble faire planer depuis quelque temps, l’épée de Damoclès sur les têtes d’anciens ministres d’IBK. S’agit-il d’acte d’assainissement ou d’acte de diversion ? C’est vrai que les autorités de la Transition ont promis de secouer le cocotier mais n’y a-t-il pas de calculs politiciens derrière ces incarcérations d’anciens ministres ?  En tout cas, il est difficile de donner le bon Dieu sans confession au colonel Goïta et ses frères d’armes. Il n’est pas exclu que la Justice soit instrumentalisée à des fins politiques. Car, on a le sentiment que la Transition a un autre agenda que celui de la tenue d’élections transparentes,  équitables et inclusives en février 2022. On le sait, la soldatesque qui a élu domicile au palais de Koulouba au lieu d’être au front pour traquer les terroristes, est composée de spécialistes en camouflage. C’est dire si ces arrestations d’anciens dignitaires du régime d’IBK pourraient être un acte savamment orchestré pour détourner le peuple malien de ses vraies priorités. Certes, la lutte contre la corruption est un combat qui mérite d’être mené au Mali au regard du nombre de scandales financiers qui ont jalonné la gouvernance d’IBK. Mais peut-on relever un tel défi dans les conditions actuelles ? La réponse est non. C’est dire si les Maliens doivent ouvrir l’œil et le bon.  En tout cas, ils pourraient se mordre plus tard les doigts s’ils commettent l’erreur de croire à la bonne foi des nouveaux dirigeants.  Dans la mesure où Goïta et ses camarades ne font plus mystère de leur volonté de prolonger leur séjour au palais de Koulouba, les Maliens doivent être plus que jamais vigilants.  Ils doivent pousser ces hommes en treillis à soigner l’image du pays en mettant fin au tour de passe-passe dont ils sont en passe de devenir maîtres si ce n’est déjà le cas et remettre le pays sur les rails. Car, sans une vraie démocratie, il est difficile d’asseoir une justice équitable.

 

Dabadi ZOUMBARA 

 

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