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ARRIVEE DES TROUPES TCHADIENNES DANS LE « TRIANGLE DE LA MORT »

Les lignes vont-elles enfin bouger ?

Annoncé depuis très longtemps, le contingent tchadien est enfin arrivé dans le fuseau du centre, communément appelé le « triangle de la mort ». Il s’agit de la frontière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger en proie à des attaques  terroristes meurtrières répétées. Fort de 1200 hommes, ce contingent  tchadien devra voler au secours des troupes de la MINUSMA et de Barkhane qui se battent comme elles peuvent, contre les forces du mal. Rappelons que l’envoi du bataillon tchadien dans « la zone des trois frontières », annoncé pour la première fois en mi-décembre 2019, à Niamey au Niger, avait été retardé par l’attaque du 23 mars 2020, contre les positions de l’armée tchadienne, qui avait, on s’en souvient, coûté la vie à une centaine de soldats. La suite, on la connaît. Car, très remontés, Idriss Deby et ses « boys », en représailles, avaient monté l’opération dénommée « la colère de Bohoma », qui avait permis de neutraliser des milliers de terroristes. Il a donc fallu le sommet du G5-Sahel à Ndjamena, en février dernier, pour que Deby remette le couvert en annonçant à ses pairs qu’il n’a pas renoncé à sa promesse d’envoyer des troupes dans le fuseau du centre. Maintenant que c’est chose faite, on ose espérer que les lignes bougeront davantage et qu’à défaut de porter l’estocade aux terroristes, les forces militaires en présence travailleront à réduire leur voilure. Et en la matière, on peut compter sur l’expérience des troupes tchadiennes qui ne reculent pas devant l’ennemi et dont on se souvient encore des hauts faits d’armes dans les sables mouvants du septentrion malien. Cet optimisme semble partagé par certains officiels, en l’occurrence le ministre nigérien de la Défense, qui a laissé entendre ceci : « Nous sommes convaincus qu’avec la présence tchadienne, les données vont changer ».

 

Déby, à travers l’envoi de ce contingent, montre ainsi que les Africains peuvent protéger les Africains

 

En tout cas, les soldats tchadiens peuvent être sûrs d’une chose : ils ne vont pas chômer. Car, ils arrivent à un moment où l’on assiste à une recrudescence d’attaques terroristes meurtrières dans la zone. En témoigne la boucherie humaine qui a eu lieu dans la région de Tillabéry en territoire nigérien, qui, en l’espace d’une semaine, a coûté la vie à plus de 200 civils.  Cela dit, tout en réaffirmant son hégémonie militaire dans la sous-région, le Maréchal Idriss Déby, à travers l’envoi de ce contingent dans une zone hautement hostile, montre ainsi que les Africains peuvent protéger les Africains. D’où la nécessité pour les dirigeants du continent, de s’unir pour mettre sur pied une armée africaine avec des troupes d’élite et des forces spéciales à même de faire face au terrorisme qui ne connaît pas de frontières. C’est, du reste, l’appel du pied qu’a lancé le Sénégalais Cheikh Tidiane Gadio, à l’issue du sommet de Ndjamena : « N’Krumah voulait, dès 1963, une armée africaine. Nous avons attendu 58 ans plus tard sans mettre en œuvre sa directive. Nous devons enfin répondre à son interpellation ». Il est  donc temps de passer  de la parole aux actes. C’est à ce prix et seulement à ce prix que nous pourrons vaincre le terrorisme qui, aujourd’hui plus qu’hier, se nourrit de nos divergences.

 

B.O

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