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ASSASSINAT D’UN PRETRE DANS LES CASCADES: Aider l’Etat à garantir la sécurité pour tous

Le 19 janvier dernier, Mgr Lucas Kalfa Sanou avait annoncé, dans un communiqué, ceci : « L’abbé Rodrigue Sanou, curé de la paroisse notre Dame de Soubakaniédougou, est porté disparu ce 19 janvier ». Et l’évêque d’ajouter la précision suivante : « Il avait quitté Soubakaniédougou pour Banfora afin de participer à une réunion mais n’est jamais arrivé à destination ». Pour une mauvaise nouvelle, c’en était une. Et l’émotion était grande  au sein de la communauté catholique. Au-delà, c’était l’ensemble des religions et la nation burkinabè qui étaient ébranlés par cette triste nouvelle. L’Eglise, dans sa légendaire prudence, avait employé l’expression « porté disparu » pour qualifier l’évènement.

Malheureusement, l’on vient d’apprendre que le corps de l’abbé a été retrouvé sans vie. En attendant que les enquêtes viennent confirmer ou infirmer l’hypothèse de l’enlèvement par des groupes armés terroristes, l’on est tenté de privilégier la piste terroriste. Car, il y a déjà eu un cas d’enlèvement d’un prêtre au Burkina. En effet, l’abbé Joël Yougbaré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait été enlevé par des terroristes en mars 2019 alors qu’il avait quitté Djibo pour une messe dans les environs de ladite ville. Sauf erreur ou omission de notre part, l’on est toujours sans nouvelle de ce prêtre.

L’autre élément qui pourrait aller dans le sens de l’enlèvement terroriste, est le suivant : Il n’y a pas une seule région au Burkina sur les 13 que compte le pays, qui soit à l’abri des terroristes. Cette mise au point est nécessaire car, il se trouve encore des Burkinabè qui pensent que seulement le Nord, le Centre-Nord, le Sahel et l’Est du pays sont touchés par le phénomène. Ils doivent se détromper. La région des Cascades est aussi concernée. En tout cas, le Sud-Ouest du Burkina Faso est proche de la Côte d’Ivoire et du Mali. Et c’est tout dire.

Tout doit être fait pour élucider, dans les meilleurs délais, cette affaire

A tout cela, il faut ajouter que les terroristes sont itinérants. Ils ont donc la logistique qu’il faut pour se déplacer d’un point à un autre, et cela à la vitesse grand V. De manière générale, l’on peut faire le constat que l’Eglise catholique ainsi que l’Eglise protestante sont dans le collimateur des terroristes. En tout cas, les faits sont têtus. Et les localités suivantes ont été les théâtres de violences meurtrières à l’endroit de ces deux communautés : Silgadji (Nord) ; Dablo (Centre-Nord) ; Toulfé (Nord) Hantoukoura dans le département de Foutouri, etc.

Il faut apporter la précision, car elle vaut son pesant d’or, que les terroristes s’en prennent aussi à l’Islam. L’enlèvement puis l’assassinat de l’Iman de Djibo, peut être évoqué pour illustrer cela. C’était en mi-août 2019 sur l’axe Kongoussi-Djibo. Avant lui, d’autres Burkinabè de la même confession, sont passés de vie à trépas à cause de la folie meurtrière des groupes armés terroristes.

De tout ce qui précède, l’on peut dire que l’hypothèse de l’enlèvement à caractère terroriste, est fort plausible.  En attendant que ce meurtre soit revendiqué.

En tout état de cause, toute la communauté nationale, toutes confessions confondues, doit se dresser comme un seul homme, pour aider l’Etat à garantir la sécurité pour tous.

Car, sans ce prérequis, aucune confession religieuse ne peut prospérer. Sans également ce préalable, aucun pays ne peut aspirer au bien-être de sa population encore moins au développement. En tout cas, tout doit être fait pour élucider, dans les meilleurs délais, les circonstances de cet assassinat pour autant que l’on ne veuille pas que la psychose s’empare de la région. En rappel, peu avant le cas de l’Abbé Rodrigue Sanou, il y a eu le cas de l’employé de la SN SOSUCO. Ce dernier avait le même patronyme et avait été retrouvé sans vie dans un étang après avoir été porté disparu depuis plus d’un mois. Cette triste affaire garde encore tous ses mystères. L’on n’oublie pas non plus le cas de ces employés d’une société de téléphonie qui avaient été enlevés puis relâchés avec l’aide de Dozos. Trop, c’est trop !

Pousdem PICKOUa

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