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ATTAQUE MEURTRIERE CONTRE DES FAMA

Comment stopper l’hydre terroriste?

Les terroristes semblent décidés à mettre les pays du Sahel, à feu et à sang. Hier, c’était le Burkina qui pleurait 14 de ses vaillants soldats tués au cours d’une attaque contre le détachement militaire de Yirgou, dans la région du Centre-Nord. Aujourd’hui, c’est le Mali qui verse une pluie de larmes pour la disparition de seize de ses soldats, suite à une embuscade, à eux tendue, le 6 octobre dernier, à la hauteur du village de Bodio, entre Koro et Bandiagara. Bien avant, c’est le Niger qui faisait le deuil de ses soldats tués au cours d’une embuscade dans la zone de Diffa. Tout se passe comme si les ingénieurs du mal avaient décidé de faire le maximum de dégâts dans les rangs des forces armées des trois pays. Malheureusement, le mode opératoire de ces hommes sans foi ni loi, à savoir l’usage d’engins explosifs improvisés (IED), semble imparable. En tout cas, jusque-là, il n’y a pas d’antidote à ces engins de la mort, qui, sans autre forme d’exagération, auront causé et continuent de causer d’énormes dégâts dans les rangs des FDS. La fréquence des attaques aux IED se déroule à une telle cadence que l’on se demande si à ce rythme, les soldats du Sahel parviendront à endiguer le mal. Comment stopper l’hydre terroriste dont le mode opératoire est aussi mouvant que les dunes de sable ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces attaques nous donnent la preuve que contrairement à ce que d’aucuns pensent, la pieuvre dispose toujours d’une grande capacité de nuisance. C’est dire si l’élimination physique de plusieurs chefs terroristes au Sahel, n’aura pas eu un grand effet sur les mouvements terroristes qui écument les pays du Sahel. Et les Etats de cette région en proie au terrorisme depuis maintenant plusieurs années, auraient tort de ne pas en tenir compte.

 

 

Les armées du Sahel ont plus qu’intérêt à garder l’arme au pied

 

 

En tout cas, ils sont prévenus et comme le dit l’adage, « un homme prévenu en vaut deux ». Il urge donc de mettre les bouchées doubles pour réduire la voilure de la bête immonde qui, en plus de causer des ravages dans les rangs des forces de sécurité, sème de plus en plus la terreur au sein des populations civiles du Sahel. Le cas du Mali est d’autant plus préoccupant que le pays est non seulement considéré comme la ruche des terroristes, mais aussi le ventre mou de la lutte contre le terrorisme. Cela dit, on en vient à se demander pourquoi ce regain d’attaques terroristes meurtrières dans le Sahel. Actes de représailles où actes d’opportunisme? Bien malin qui saurait répondre à ces questions. Mais une chose est certaine, l’élimination d’Adanan Abou Walid al-Sahraoui, chef de l’Etat islamique au grand Sahara (EIGS), par l’Armée française, a porté un coup dur à l’organisation terroriste. Et ce n’est pas tout : le démantèlement au Burkina, d’un vaste réseau de vente de carburant de contrebande qui servait de source de financement du terrorisme au Sahel, passe difficilement en travers la gorge de l’hydre terroriste. Toutes choses qui pourraient pousser les différents mouvements terroristes à un activisme débordant. Autre fait et non des moindres : la réorganisation de la Force Barkhane. Quoi que l’on dise, cette réorganisation de Barkhane sur fond de tiraillements au sujet des mercenaires russes de la société Wagner, dont le Mali sollicite les services, pourrait ouvrir des brèches dans le mur de sécurité, par lesquelles ces ennemis invisibles  pourraient s’engouffrer. En tout cas, tout porte à croire que ces attaques récurrentes dans les trois pays voisins, ne sont pas un fait de hasard. C’est dire si les armées du Sahel ont plus qu’intérêt à garder l’arme au pied.

 

Dabadi ZOUMBARA      

 

 

 

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