CREATION DU PARTI DE DIOMAYE FAYE : Privilégier à tout prix les intérêts des Sénégalais
Nombreux sont les Sénégalais qui se demandaient si le président Bassirou Diomaye Faye franchirait le Rubicon en créant son parti comme il l’avait annoncé. Eh bien, cette question n’est plus à l’ordre du jour, puisque le natif de Ndiaganiao a procédé, le 25 juillet dernier, au lancement de son parti, le KIIRAAY, Les Patriotes Républicains. En claquant ainsi la porte à son désormais ex-parti, les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF), Faye s’affranchit de son mentor et ex-Premier ministre, Ousmane Sonko. Mieux, il remporte une grande bataille puisque des militants et pas des moindres du PASTEF, l’ont rejoint avec armes et bagages dans sa nouvelle formation politique. Au-delà du PASTEF, des militants d’autres formations politiques ont aussi migré vers le nouveau parti, certainement à la recherche de l’herbe fraîche. Et Dieu seul sait s’il y en aura encore et encore pour gonfler les rangs du KIIRAAY. Tant que le président qui a tous les leviers du pouvoir pour débaucher des militants le voudra, il aura de nouveaux militants. Ainsi va la politique en Afrique. La conviction est parfois reléguée au second plan au profit de promesses de postes juteux et d’espèces sonnantes et trébuchantes. Cela dit, Bassirou Diomaye Faye a certes réussi à créer la plus grosse scission au sein du PASTEF. Pour autant, a-t-il gagné la guerre? Rien n’est moins sûr. On est d’autant plus fondé à le penser qu’en rompant les amarres avec le PASTEF, il déterre ainsi la hache de guerre. Car, il aura désormais face à lui, et c’est un euphémisme de le dire, une farouche opposition.
Il faut craindre que cette crise n’installe le Sénégal dans une instabilité politique
Le PASTEF étant majoritaire à l’Assemblée nationale, il peut faire mal sinon très mal. C’est dire si Bassirou Diomaye Faye joue gros en créant son parti. C’est d’autant plus vrai que de nombreux Sénégalais considèrent son acte comme une trahison vis-à-vis d’Ousmane Sonko, du PASTEF et du peuple sénégalais qui l’a porté au pouvoir sur la base du programme dudit parti. C’est dire si rien n’est gagné d’avance. Dans tous les cas, les prochaines élections municipales et territoriales dont l’échéance est prévue pour janvier 2027, seront un test grandeur nature pour Diomaye Faye. Et il a tout intérêt à ne pas échouer. Car, s’il mord la poussière face au PASTEF, il boira le calice de la honte jusqu’à la lie. Et ce n’est pas l’ancien président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embalo, qui dira le contraire ; lui qui s’était aussi séparé du parti qui l’avait fait roi. Toujours est-il que Bassirou Diomaye Faye n’a pas droit à l’erreur. En créant son parti, il a désormais les cartes en main et il doit s’assumer pleinement. Cela dit, il faut craindre que cette crise n’installe le Sénégal dans une instabilité politique. Le risque est d’autant plus grand que tout laisse croire que les deux hommes dont les positions sont restées inconciliables, sont déterminés à aller jusqu’au bout. C’est dire si les priorités des Sénégalais risquent d’être renvoyées aux calendes sénégalaises. Et ce n’est pas tout. Cette crise pourrait provoquer la dissolution de l’Assemblée nationale et ouvrir ainsi la voie à l’organisation d’élections anticipées. Or, le Sénégal qui traverse une zone de turbulences sur les plans politique et économique, n’a pas besoin de ça. C’est dire si les deux hommes gagneraient à savoir raison garder. En tout cas, il faut, à tout prix, privilégier les intérêts des Sénégalais.
Dabadi ZOUMBARA
