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DECES DE PIERRE NKURUNZIZA


La nouvelle est tombée comme un couperet, hier, après-midi. Le président burundais, Pierre Nkurunziza, est décédé. L’information a été donnée par le gouvernement burundais qui précise que Pierre Nkurunziza, suite à une « malaise », s’était rendu à l’hôpital du Cinquantenaire de Karuzi où il est finalement décédé d’un « arrêt cardiaque », indique le communiqué signé du secrétaire général du gouvernement, Prosper Ntahorwamiye. Un deuil national de 7 jours a été décreté et les drapeaux mis en berne pour rendre hommage à celui-là qui aura dirigé le Burundi d’une main de fer pendant quinze ans. L’homme qui vient de trépasser est né le 18 décembre 1964 à Ngozi. C’est lui qui, pendant les années de braise, dirigeait le principal groupe armé hutu. Elu président de la République en 2005, il a été réélu en 2010 et 2015 dans les conditions que l’on sait. Car ce dernier mandat, jugé contraire à l’esprit et à la lettre de l’article 96 de la Constitution du Burundi et en violation flagrante des accords d’Arusha, a mis le pays à feu et à sang, tant et si bien que nombreux sont les Burundais qui ont perdu la vie sans compter ceux qui, pour sauver leur peau, ont pris le chemin de l’exil. S’il est notoire qu’en Afrique, on ne parle pas mal des morts, on peut, tout de même, imager que ce décès ne fait pas que des malheureux au Burundi.  Loin s’en faut ; dans le cœur de bien des Burundais, la joie est certainement contenue, de peur de représailles.  On sait que le Burundi, durant ces dernières années, était devenu un enfer sur terre ; tant la répression y était féroce et les espaces de liberté complètement verrouillés par celui-là qui, de maquisard, s’était mué en dictateur indécrottable. Cela dit, on peut dire que tout est accompli pour Nkurunziza.

La disparition de Nkurunziza devrait interpeller les satrapes du continent

Car, non seulement l’histoire retiendra que c’est grâce à lui que le pays a connu la première alternance pacifique de son histoire, même si l’on peut y trouver à redire. Mais aussi, tel le général Gaïd Salah en Algérie, qui a tiré sa révérence quelques jours après l’élection de son homme-lige, Abdel Madjid Tebboune, Nkurunziza s’en va au moment où son dauphin s’installe à la tête de l’Etat burundais. Il s’agit, pour ne pas le nommer, de Evariste Ndayishimiyé qui attend d’être investi. On ose donc espérer qu’avec le décès de son mentor, ce dernier travaillera à réconcilier les Burundais avec eux-mêmes et à œuvrer pour que le Burundi, longtemps resté au ban de la communauté internationale, retrouve la place qui est la sienne dans le concert des nations. En tout cas, Evariste Ndayishimiyé doit savoir tirer profit du décès du « Guide suprême éternel » qui, s’il était toujours en vie, aurait sans aucun doute manœuvré en coulisses pour garder la main et lui faire ainsi de l’ombre. Pierre Nkurunziza arraché à la vie et de quelle manière ! Qui l’eût cru ! De là où il est, même pas lui qui, de son vivant, s’était octroyé une retraite dorée aux frais de la princesse avec à la clé, impossibilité de poursuites judiciaires. Et comme si un malheur ne vient jamais seul, le pasteur-président s’en est allé au moment où son épouse Denise est en séjour médical à Naïrobi, au Kenya, visiblement atteinte du Covid-19. Comme quoi, selon l’Ecclésiaste, « vanité des vanités, tout est vanité ».  La disparition de Nkurunziza devrait interpeller les satrapes du continent. Aussi puissants soient-ils, ils doivent se rappeler qu’ils sont tous mortels et que même s’ils échappent à la justice des Hommes, ils n’échapperont pas à la justice immanente. Alors, la meilleure chose qui devrait compter pour eux, c’est de marquer leur passage au sommet de l’Etat en ayant la crainte de Dieu et en ayant constamment pour souci, l’image qu’ils laisseront à la postérité. En tout état de cause, l’image d’une Afrique où le pouvoir est exercé sans partage sur fond de graves atteintes aux libertés et de violations des droits de l’Homme, doit être à jamais révolue. 

B.O


Comments
  • Vous commentez du n’importe quoi,vous ne savez pas l’utilité de notre président, nous qui sommes burundais et qui sont sur terrain, il nous a honoré et montré un bon avenir

    10 juin 2020

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