A la uneLignes de force

DEPART DE BARKHANE DE TESSALIT

Les FAMA face à leurs responsabilités

Après la base de Kidal en mi-octobre, celle de Tessalit située à une dizaine de kilomètres de la frontière avec l’Algérie, vient d’être transférée aux Forces armées maliennes (FAMa) par la force française Barkhane. L’annonce a été faite par le Chef d’état-major français qui précise que « les derniers soldats français ont quitté le site le 15 novembre dernier ». « Ce transfert a été progressif, maîtrisé et étroitement coordonné avec les FAMA et avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) dont un contingent de plusieurs centaines de militaires, est déployé en permanence à Tessalit », a-t-il ajouté. Ce redimensionnement de Barkhane, annoncé en juin dernier par le président français, Emmanuel Macron, a pour objectif de recentrer les opérations contre les terroristes qui sévissent dans la zone dite des trois frontières que d’aucuns appellent le « triangle de la mort ». Il ne reste donc que la grande base de Gao ; toutes les autres ayant été rétrocédées aux FAMA. Quand on sait que le septentrion malien est un no man’s land où sévissent des terroristes et contrebandiers de tout acabit, on ne peut que s’interroger sur le départ des soldats français de la zone. Le défi à relever est si énorme que la base française de Tessalit, on s’en souvient, a maintes fois fait l’objet d’attaques. Parfois, il a fallu l’utilisation de gros moyens pour repousser les assaillants venus en surnombre. L’armée malienne pourra-t-elle y faire face ? On peut en douter d’autant que mal équipés, bien des soldats maliens, c’est connu, n’hésitent pas à prendre la poudre d’escampette dès le premier coup de  feu de l’ennemi. A cela s’ajoute le contexte sociopolitique très délétère depuis que les militaires au pouvoir ne font plus mystère de leur volonté d’y rester le plus longtemps possible.

 

 

Les résultats de Barkhane née des cendres de Serval, restent mitigés

 

 

 Toute chose qui vaut des sanctions au Mali de la part de ses partenaires que sont la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE). Et ce n’est pas tout. Car, il faut rappeler que le départ, pour ainsi dire, de Barkhane du Nord-Mali, intervient au moment où les relations entre Paris et Bamako ne sont pas au beau fixe et ce, en dépit des apparences que les uns et les autres tentent de sauver. Cela fait suite, on le sait, à la volonté des autorités maliennes de la transition de s’attacher les services du groupe de sécurité privée russe Wagner pour, disent-elles, combler le vide laissé par la France. Certes, il est vrai qu’après neuf ans de présence au Mali, les résultats de Barkhane née des cendres de Serval, restent mitigés, puisque les choses semblent aller de mal en pis. Mais de là à recourir à des mercenaires dont les exactions sont connues de tous, c’est un pas que Bamako ferait mieux de réfléchir par deux fois avant de franchir. Tant qu’à faire, n’y a-t-il pas lieu de réarmer moralement, techniquement et matériellement les FAMA afin de leur permettre de faire efficacement face à ces gens-là qui ont décidé de semer la mort et la désolation sur leur chemin ? Peut-être, sait-on jamais, les négociations en cours avec certains leaders terroristes, pourront faire changer la donne et le Maliba pourrait renouer avec la paix que les uns et les autres appellent de leurs vœux. A ce qu’on dit, ce sont d’ailleurs ces négociations souterraines qui ont permis d’obtenir la libération du Dr Keb et de son compagnon enlevés depuis fin juillet 2021.

 

B.O

 

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page
Google+
Fermer