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DEUXIEME CANDIDATURE AFRICAINE AU POSTE DE SG DE L’ONU : Avantage ou inconvénient ?


Après l’ancien président sénégalais, Macky Sall, l’Afrique enregistre un deuxième candidat à la succession d’Antonio Guterres dont le mandat s’achève en fin d’année 2026, au poste de Secrétaire général de l’ONU. Il s’agit de l’Ougandais Olara Otunnu. Sa candidature a été officialisée le 26 juillet dernier par le gouvernement de son pays, qui n’a pas manqué d’appeler les Etats membres à soutenir son ressortissant qui jouit d’une grande expérience au sein de l’Organisation mondiale. Il en a été le Secrétaire général adjoint sous le Ghanéen Kofi Annan, de 1998 à 2005.

 

Le poste de Secrétaire général de l’ONU reste très attractif

 

C’est donc en fin connaisseur de la Maison ONU que Olara Otunnu s’est porté candidat à ce poste de haute responsabilité internationale, qui est aussi convoité par d’autres grandes personnalités. Au nombre de celles-ci, l’ancienne présidente chilienne, Michelle Bachelet, mais aussi l’Argentin Rafael Grossi, Directeur général de l’énergie atomique. L’Equatorienne Maria Fernanda Espinosa, la Costaricienne Rebeca Grynspan et la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett complètent, pour le moment, la liste des candidats déclarés à la succession du Portugais qui totalise dix ans à la tête de l’organisation basée à New-York, aux Etats-Unis. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au-delà des critiques et des griefs souvent portés contre l’institution internationale, le poste de Secrétaire général de l’ONU reste très attractif. Comment peut-il en être autrement quand on voit l’intérêt que portent les continents, à voir un des leurs occuper le prestigieux fauteuil de patron de l’institution où se prennent les plus grandes décisions du monde ?  Quoi qu’il en soit, le nombre de postulants déjà enregistrés, est suffisamment éloquent à ce sujet, alors même que la liste est encore loin d’être close. Pour en revenir à l’Afrique, la question qui se pose est de savoir si cette deuxième candidature est un avantage ou un inconvénient. La question est d’autant plus fondée qu’en alignant plusieurs candidats au lieu de faire bloc derrière une seule candidature, on peut se demander si le continent noir ne court pas le risque de l’émiettement de voix ; toute chose qui réduirait ses chances de rafler la mise, dans la course à la succession d’Antonio Guterres. C’est une position qui se comprend et se défend. Sauf que dans le cas d’espèce, même si sa candidature a été portée par le Burundi qui assure la présidence en exercice de l’Union africaine (UA), Macky Sall n’a pas eu le soutien de l’organisation panafricaine dans sa quête de ce prestigieux poste international. La procédure d’approbation de l’UA ayant échoué en mars dernier, après l’opposition formelle de vingt pays. Même son pays, le Sénégal, s’était désolidarisé de la démarche avant que le président Bassirou Diomaye Faye fasse, pas plus tard que le 20 juillet dernier, un revirement spectaculaire pour lui accorder le soutien tant attendu dans les conditions que l’on sait. C’est-à-dire sur fond de calculs politiques, à la suite d’une visite à lui rendue par son prédécesseur à Dakar. Autant dire que jusqu’à l’heure où nous traçons ces lignes, la candidature de Macky Sall est loin d’être celle de l’UA.

 

Tout porte à croire que le  passé de Macky Sall reste un boulet à ses ambitions d’aujourd’hui

 

 Quoi qu’il en soit, le poste reste ouvert. Et l’on ne peut pas reprocher à Olara Otunnu d’avoir des ambitions ; ni à l’Ouganda de chercher à promouvoir un de ses fils qui a fait ses preuves au sein de l’organisation mondiale. En tous les cas, autant cette deuxième candidature peut paraître un inconvénient, autant elle peut présenter des avantages pour le continent noir qui met ainsi un deuxième fer au feu. Car, non seulement la candidature de Olara Otunnu n’est pas une candidature contre celle de Macky Sall. Mais aussi, en tant qu’ancien de la Maison, rompu aux règles de fonctionnement de l’organisation internationale, rien ne dit que le septuagénaire diplomate ougandais ne sera pas un atout pour l’Afrique. En tout état de cause, on attend de voir si l’organisation panafricaine lui donnera son soutien. Ou si elle s’obligera à un devoir de neutralité, en raison du précédent Macky Sall. Quant à l’ancien locataire du palais de Dakar, tout porte à croire que son passé reste un boulet à ses ambitions d’aujourd’hui. Et surtout à une candidature qui aurait pu recueillir beaucoup plus d’adhésions pour mieux porter le flambeau de l’Afrique. Comme quoi, tôt ou tard, chacun finit par être rattrapé par son passé et par ses actes, et à passer, d’une façon ou d’une autre, devant le tribunal de l’Histoire. Il appartient aux dirigeants africains d’en prendre de la graine et de s’efforcer à une gouvernance vertueuse.

 

« Le Pays »

 


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