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OPERATION CONJOINTE KOUDANLGOU CONTRE LE TERRORISME

De la nécessité de maintenir le cap de l’offensive

A la faveur d’un point de presse tenu le 30 novembre dernier, le ministre de la Sécurité du Burkina Faso, Maxime Koné, a fait le point de l’opération conjointe Koudanlgou qui a mobilisé, du 21 au 27 novembre dernier,  les armées du Burkina Faso, du Togo, du Ghana et de la Côte d’Ivoire aux frontières communes de ces pays du littoral avec le pays des Hommes intègres. Bilan de l’opération : 5 bases terroristes détruites, du matériel de guerre dont des armes, des explosifs  et d’importantes quantités de munitions saisi, ainsi que du matériel roulant, des motos et des véhicules et une importante quantité de stupéfiants.  « Les FDS (Forces de défense et de sécurité) ont aussi détruit des champs de drogue, désamorcé des engins explosifs improvisés et déjoué des embuscades », a expliqué le ministre.  Par ces temps qui courent où les répliques telluriques du massacre d’Inata secouent encore bien des Burkinabè toujours sous le choc, cette opération conjointe de dératisation de nos frontières Sud et Ouest de la vermine terroriste, est une nouvelle plutôt réjouissante, au regard des résultats enregistrés sur le terrain.

 

Il faut souhaiter que ces genres d’opérations se multiplient à intervalles réguliers

 

 

De quoi mettre un peu de baume au cœur meurtri des patriotes burkinabè qui ne demandent qu’à voir nos Forces de défense et de sécurité (FDS) triompher des forces du mal qui ne cessent d’endeuiller le pays. Des Burkinabè qui attendent, du reste, impatiemment la concrétisation des mesures fortes annoncées par le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, pour endiguer le phénomène terroriste qui a failli faire vaciller son régime, avec la colère vivement exprimée par les Burkinabè,  suite au massacre d’Inata. Et, à en juger par les récents changements opérés au sein de la troupe à l’effet de donner une nouvelle dynamique à la lutte contre le terrorisme, l’on est porté à croire que le locataire du palais de Kosyam a bien compris le message de forte interpellation et de détresse de ses compatriotes.  Pourvu que les résultats suivent sur le terrain. En tout cas, les populations meurtries n’en demandent pas mieux. C’est le lieu de saluer cette coopération transfrontalière coordonnée de nos armées, qui a permis de parvenir à des résultats probants qui vont dans l’intérêt de tous. Car, aucun pays, aujourd’hui, ne peut se targuer d’être à l’abri du terrorisme. C’est pourquoi il faut souhaiter que ces genres d’opérations se multiplient à intervalles réguliers, de sorte à ne pas donner de répit aux terroristes qui profitent de la porosité des frontières pour commettre leurs basses besognes. Car, en les prenant ainsi en tenailles en ne leur offrant pratiquement pas de base de repli, ils seront non seulement gênés aux entournures dans leurs mouvements, mais aussi la peur pourrait rapidement changer de camp. Surtout si nos armées parviennent à maintenir le cap de l’offensive en les traquant jusque dans leurs chiottes. Et pourquoi pas se donner les moyens du droit de poursuite des terroristes au-delà de leurs frontières respectives ? Quitte à mettre des garde-fous pour éviter les dérapages.

 

Il faut espérer que  la réorganisation en cours au sein des Forces de défense et de sécurité, permettra de faire bouger les lignes

 

 

En tout cas, vu la gravité de l’heure et les velléités expansionnistes des terroristes, c’est une option qui pourrait valoir son pesant de satisfaction dans cette guerre contre un ennemi aussi sournois que perfide, pour nos Etats confrontés, certes à des degrés divers, au même mal pernicieux qui menace fortement la stabilité de la sous-région. Au-delà, la question de savoir si des pays comme le Burkina Faso ne gagneraient pas à changer définitivement de paradigme en adoptant résolument la stratégie visant à être dans l’action plutôt que dans la réaction, ne semble plus se poser.  C’est dire si KOUDANLGOU doit marquer un tournant dans la lutte contre le terrorisme, même si ce n’est pas la première opération de mutualisation des forces de notre armée avec une armée d’un pays voisin. A preuve, l’opération « Taanli » menée conjointement avec le Niger en juin dernier, avait permis de neutraliser une centaine de terroristes. A la différence que dans le cas d’espèce de KOUDANLGOU, si le Burkina Faso arrivait à couper l’herbe sous les pieds des terroristes en évitant qu’ils se sanctuarisent dans les zones qui ne sont pas encore totalement sous emprise, notamment à ses frontières Sud et Ouest comme cela est malheureusement le cas au Nord et à l’Est, ce serait déjà un important pas dans le sens d’une inversion à terme, de la situation dans la lutte contre le terrorisme. En attendant, il faut espérer que  la réorganisation en cours au sein des Forces de défense et de sécurité, permettra de faire bouger véritablement les lignes dans le bon sens. Dans le même ordre d’idée, il faut espérer que le rapport d’Inata qui a été remis dans la foulée au président du Faso, permettra, au-delà des sanctions exemplaires que le chef de l’Etat se promet d’infliger aux fautifs, de lever définitivement tous les goulots d’étranglement qui empêchent le bon fonctionnement de l’armée et affectent par ricochet le moral de nos soldats. Quant aux interpellations qui ont eu lieu dans le cadre des manifestations successives à l’onde de choc d’Inata, il appartient à la Justice de dire le droit.

 

« Le Pays »

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