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RETRAIT DE LA PLAINTE CONTRE SIMON COMPAORE: Zèph montre la voie à suivre

En milieu de semaine en cours, j’ai appris, par voie de presse, que l’ex-chef de file de l’opposition politique, par ailleurs président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Zéphirin Diabré, a retiré sa plainte contre Simon Compaoré.

Les faits remontent à 2017, lorsque dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, on voyait Simon Compaoré, alors ministre de la Sécurité, dans un gilet pare-balles et arme au poing, proférer des menaces à l’encontre de ceux-là qui en viendraient à attenter à la vie d’un député qui venait de quitter l’UPC. Il n’en fallait pas plus pour provoquer le courroux de Zéphirin Diabré qui n’avait pas hésité à porter plainte pour « diffamation et détention il- légale d’arme à feu ». Mais plus de trois ans après, l’affaire n’a pas connu une évolution particulière puisqu’il n’y a pas eu de procès. Et comme en politique, il n’y a pas d’ennemis éternels, Zéphirin Diabré et Simon Compaoré sont devenus des alliés à la faveur des élections couplées du 22 novembre dernier. En fait, Zéphirin Diabré, après analyse de la situation, a rejoint la majorité qui le lui a bien rendu : aujourd’hui, il est bombardé ministre d’Etat chargé de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale ; d’où le retrait de sa plainte contre le président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) aux fins de donner l’exemple.

Personnellement, j’admire sa démarche qui s’inscrit dans la logique de l’apaisement des cœurs. C’est une très bonne chose. Car, comme dit un adage bien connu, « la charité bien ordonnée commence par soi-même ». Et là, on peut dire que Zèph, comme on l’appelle, a montré la voie à suivre. Car, on ne peut pas prétendre réconcilier les Burkinabè alors que soi-même, on nourrit la haine vis-à-vis de certains de ses compatriotes. C’est dire si Zèph n’avait pas d’autre choix que de procéder au retrait pur et simple de sa plainte, même si certains y ont vite vu un « arrangement entre politiciens ».

Je ne veux pas d’une réconciliation comme en 2001 où l’on avait fait voler des colombes sans chercher véritablement à crever les abcès

Cela dit, je souhaite que les uns et les autres s’inspirent de cet exemple pour qu’ensemble, nous puissions nous donner la main dans l’intérêt supérieur de notre pays. Surtout par ces temps qui courent où notre chère patrie est entrée dans l’œil du cyclone des terroristes qui n’ont de cesse d’endeuiller des familles. Face donc à l’adversité, dressons-nous comme un seul homme. Car, comme le dit l’adage, « l’union fait la force ». Ne dit-on pas d’ailleurs que mille poussins réunis font peur à l’épervier ? En tout cas, au cours de ce deuxième et dernier mandat de Roch, les Burkinabè ont l’occasion, pour autant qu’ils le veuillent, de se réconcilier. Je ne sais pas quelle forme cela va prendre. Mais je sais que c’est l’occasion ou jamais. Cela dit, je suis d’accord avec ceux qui estiment que la réconciliation nationale ne doit pas être synonyme d’impunité. Car, il y a des crimes que l’on ne saurait passer par pertes et profits. Sont de ceux-là les dossiers Thomas Sankara, Norbert Zongo, Dabo Boukary et bien d’autres. A moins que la machine de la réconciliation étant déjà en branle, l’on m’apprenne étonnamment un jour que les familles des victimes ont retiré aussi leur plainte comme l’a fait Zéphirin Diabré. Même si cela devait arriver, je sais que ce ne serait pas aussi simple que cela d’autant que dans le cas d’espèce, il s’agit de crimes de sang. La meilleure manière de pardonner dans de pareilles situations, c’est de travailler au moins à situer les responsabilités avant tout autre chose. En tout cas, je ne veux pas d’une réconciliation comme en 2001 où l’on avait fait voler des colombes sans chercher véritablement à crever les abcès.

 

« Le Fou »  

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