HomeA la uneRISQUE DE FAMINE LIEE A LA CRISE SECURITAIRE AU SAHEL

RISQUE DE FAMINE LIEE A LA CRISE SECURITAIRE AU SAHEL


Ce sont les Nations unies, à travers leur Office de coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Niger, qui donnent l’information. Plus d’un demi-million de personnes sont déjà en situation d’insécurité alimentaire dans la région de Tillaberi, dans l’Ouest du pays.  Une situation qui tire en grande partie sa source de l’insécurité qui sévit dans la région, Tillabéri étant, de triste réputation, connue pour être la région martyre par excellence du Niger tant les victimes des incursions meurtrières des terroristes se comptent par dizaines voire par centaines, après chaque expédition. Déjà, en mai dernier, la même agence de l’ONU signalait « des déplacements massifs de populations »  fuyant « les attaques récurrentes » des terroristes contre les populations civiles. Cette fois-ci, elle tire la sonnette d’alarme face à la situation de famine qui menace la région où près de 450 villages sont en grande menace de crise alimentaire. Une situation rendue d’autant plus alarmante qu’au début de la campagne agricole, « plusieurs dizaines de paysans » avaient été empêchés de travaux champêtres ou « ont été froidement assassinés dans leurs champs », entre juin et août derniers, relève l’Office. 

 

Au delà du Niger, le Burkina Faso et le Mali connaissent les mêmes réalités liées au terrorisme

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette alerte de l’agence de l’ONU est à prendre très au sérieux. Mieux, elle doit appeler une réponse vigoureuse de la part des gouvernants et des partenaires au développement car, au delà du Niger, le Burkina Faso et le Mali connaissent les mêmes réalités liées au terrorisme et sont tout aussi concernés par la même menace de famine au sortir d’une saison pluvieuse qui a, de son côté, été parfois capricieuse. Ce au moment où la pression des terroristes se faisait sentir sur les agriculteurs dont certains ont abandonné leurs cultures à leur corps défendant, et sur les éleveurs dont certains ont vu une partie de leur cheptel pillé et emporté par les malfrats. Mais dans un contexte sécuritaire où la lutte contre le terrorisme, notamment dans son option militaire, mobilise la plupart des énergies, ce combat n’est pas loin d’être une gageure pour des pays, comme ceux du Sahel, au bord de l’asphyxie économique, eu égard aux effets induits de la crise sanitaire du Covid-19 qui est venue en rajouter à la complexité de la situation et à la galère des populations. C’est pourquoi, au-delà des appels à la prise de conscience de la situation, l’ONU doit mettre un point d’honneur à sonner la mobilisation de la communauté internationale au chevet des pays du Sahel déjà bien éprouvés par plusieurs années d’une crise sécuritaire qui n’en finit pas de se dégrader et dont les populations sont aujourd’hui menacées de famine. Et c’est peu dire qu’il y a urgence à agir en la matière tant les effets pervers de la crise sanitaire du Covid-19 et de la crise sécuritaire en termes de renchérissement du coût de la vie, se font déjà lourdement sentir à travers l’augmentation des prix des produits de première nécessité.

 

 

C’est le lieu de se demander  si nous tenons véritablement le bon bout dans la lutte contre l’hydre terroriste

 

Cela, en raison d’une demande disproportionnellement élevée par rapport à l’offre du moment. En effet, en temps normal déjà, la gestion d’une famine est loin d’être une sinécure. S’il faut y ajouter les conséquences des actes des terroristes tendant à empêcher les travaux champêtres et autres activités d’élevage, il faut dire que c’est tout un pan de l’activité économique déjà sous perfusion, qui est ainsi menacé.  D’où la nécessité d’une action urgente et d’une réponse vigoureuse pour contrer les forces du mal dans leur volonté de sabotage de l’économie nationale, qui pourrait avoir des conséquences tout aussi dramatiques que les massacres à grande échelle de populations sans défense.  En tout état de cause, ce coup de gong de l’OCHA qui vient mettre à nu un autre effet pernicieux de la crise sécuritaire sous le poids de laquelle ploient déjà les pays du Sahel, doit aussi être l’occasion d’une introspection. Car, c’est le lieu de se demander  si nous tenons véritablement le bon bout dans la lutte contre l’hydre terroriste qui a suffisamment fait la preuve qu’elle a plus d’un tour…dans son turban et ne cesse d’étendre ses tentacules malgré les inlassables efforts de nos Etats. 

 

 « Le Pays »

 


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