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DR DAOUDA DIALLO, SG DU CISC SUR LE DRAME DE YIRGOU : « Les Koglwéogo continuent de narguer et de menacer les populations »

Le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) a organisé une marche-meeting de protestation le samedi 23 février dernier à Dédougou. Les manifestants ont condamné les tueries de Yirgou et exigé vérité et justice pour les victimes. De la Place melon gare, les marcheurs ont pris la direction du gouvernorat de la Boucle du Mouhoun où ils ont remis au haut-commissaire du Mouhoun, représentant le gouverneur de la Boucle du Mouhoun, un message adressé au président du Faso.

 

Après Ouagadougou, Dori et Bobo-Dioulasso, c’était au tour des populations de la Boucle du Mouhoun de manifester pour condamner les tueries de Yirgou et dire non à l’impunité et à la stigmatisation des communautés. Elles étaient nombreuses à battre le pavé le samedi 23 février dernier à Dédougou. Partis de la Place melon gare, les manifestants avaient en main des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Justice pour Yirgou » ; « Non aux violences intercommunautaires »,… Venus de plusieurs localités de la Boucle du Mouhoun et du pays, ils ont mis le cap sur le gouvernorat de Dédougou, portant un message à remettre au haut-commissaire de la province du Mouhoun représentant le gouverneur. Dans ce message adressé en réalité au président du Faso et lu par le chef de canton peulh de Oury, Hassan Barry, le CISC condamne la tuerie, dit-on, de plusieurs personnes, « du fait de leur appartenance ethnique, sans que l’autorité n’intervienne, malgré l’alerte donnée ». Pour le collectif, depuis les actes de barbarie de Yirgou, « les auteurs ayant souillé le drapeau national circulent librement et narguent les veuves, les orphelins et les autorités locales ».
Et Dr Daouda Diallo, SG du collectif, de faire le bilan actuel de la situation de Yirgou. Selon lui, le massacre a fait beaucoup de victimes et de déplacés dont 210 morts et plus de 160 000 déplacés. Le SG a souligné la mise en place d’une assistance sociale dans la commune de Barsalogho mais il l’a jugée défectueuse et insuffisante du fait, a-t-il précisé, d’un manque de nourriture, de vêtements et de soins. Dr Daouda Diallo a relevé également que sur le plan économique, beaucoup de biens ont été détruits et emportés dont plus de 80 000 animaux. Sur le plan judiciaire, a confié toujours le SG, aucune arrestation n’a été faite et « sur le plan sécuritaire, les Koglwéogo continuent de narguer et de menacer les populations ». « Aujourd’hui, ce n’est pas le moment de sentir la fatigue parce qu’on veut jouer sur l’endurance pour mal gérer ce dossier ; donc, il faut rester déterminé. Quelle que soit l’heure à laquelle on va vous convier à une activité, il faudra bien vouloir répondre. Aujourd’hui, c’est l’occasion aussi de dire que ce n’est pas le moment d’avoir peur. Aujourd’hui, il faut avoir peur d’avoir peur parce que si on n’est pas déterminé, le pire risque d’arriver », a laissé entendre Dr Daouda Diallo. L’émir peuhl de Dédougou,  Ousseni Boly, tout en dénonçant une cohésion sociale et un vivre-ensemble entachés, en a appelé aux autorités politiques qui doivent, selon lui, accompagner la Justice pour que les crimes qui ont été commis dans notre pays, ne restent pas impunis.

Arnaud Lassina LOUGUE
(Correspondant)

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