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PROMESSE DE TSHISEKEDI DE LUTTER CONTRE LA MAL-GOUVERNANCE

Effet d’annonce ou annonce sans effet ?

« Je combattrai avec la dernière énergie la corruption, le détournement des deniers publics, le tribalisme, la concussion, le clientélisme, l’incivisme », a déclaré le président RD congolais, Félix Tshisékédi, au cours d’une rencontre avec les nouveaux gouverneurs de provinces. C’était le 13 mai dernier. Le numéro un des Congolais s’est dit par ailleurs « choqué par les tracasseries administratives, policières et militaires qui heurtent la population », qu’il dit avoir constatées lors de plusieurs déplacements en province. Pour ce faire, il promet de passer avec les gouverneurs, un « contrat-programme » devant permettre d’évaluer les performances des uns et des autres à l’issue de chaque trimestre. Félix Tshisékédi voudrait réaffirmer son autorité qu’il ne s’y prendrait pas autrement, d’autant que la majorité des gouverneurs devant lesquels il tenait ces propos, sont des proches de l’ex-président Joseph Kabila.Par cette sortie, le maître de Kinshasa traduit sa volonté d’opérer un changement avec la gouvernance de son prédécesseur, qui était caractérisée par la corruption et le pillage systématique et organisé des biens publics.

Tshisékédi est un roi sans couronne

C’est tout à son honneur puisque sur ce point précis, il est en phase avec les aspirations du peuple congolais qui a longtemps souffert le martyre. Mais quand on sait les conditions dans lesquelles Tshisékédi est arrivé au pouvoir, on a bien peur que cette promesse de lutter contre la corruption ne soit un simple effet d’annonce ou une annonce sans effet. L’enfer est pavé de bonnes intentions, est-on tenté de dire. Cela est d’autant plus vrai que Tshisékédi est un roi sans couronne ; le véritable maître du jeu en République démocratique du Congo (RDC) étant Joseph Kabila qui détient encore toutes les cartes en main. A preuve, cela fait plus de cent jours qu’il a été élu et investi président de la République mais jusqu’à ce jour, il n’a toujours pas réussi à former un nouveau gouvernement pour la simple raison qu’il n’a pas les coudées franches. Comment alors, dans ces conditions, Tshisékédi peut-il opérer un changement en composant avec ceux-là qui incarnaient l’ancien régime ? Autant dire qu’il s’agit là d’un simple vœu pieux quand on sait que, peu avant, soit le 1er mai dernier, les mêmes gouverneurs auxquels il s’adressait, avaient été reçus par Joseph Kabila himself. En tout cas, Félix Tshisékédi est plus à plaindre qu’à envier. Car voilà un homme devenu chef d’Etat après un accord avec son prédécesseur dont la coalition a finalement gardé le contrôle de toutes les institutions (Assemblée nationale, Sénat, Assemblées provinciales, gouvernorats provinciaux), et qui, finalement, s’est retrouvé à jouer les faire-valoir.

B.O

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