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REPRESSION DE MANIF EN GUINEE-BISSAU:Attention au réveil des vieux démons !

Un rassemblement violemment dispersé, faisant un mort et de nombreux blessés. La scène se déroule en Guinée-Bissau, du nom de ce pays où la  violence est la chose la mieux partagée. Pour un rien, on massacre à tour de bras. Et ce n’est pas tout. La Guinée-Bissau traîne aussi la sulfureuse réputation d’être la plaque tournante de la drogue dans la sous-région ouest-africaine tant et si bien que certains n’hésitent  pas à la qualifier de narco-Etat.

C’est donc ce pays où vivent moins de deux millions d’âmes, qui vient encore de faire parler de lui à travers la répression sanglante d’une manifestation de rue. Pourtant, les croquants ne réclamaient ni plus ni moins que la révision du fichier électoral aux fins de garantir la fiabilité du scrutin présidentiel qui aura lieu dans un mois.

Pour autant que le pouvoir soit sincère et qu’il n’ait rien à se reprocher, il doit accéder à la requête de l’opposition dans le souci de garantir la transparence du processus électoral. Mais en choisissant de bander les muscles, José Mario Vaz donne l’impression d’un président qui n’est  pas sûr d’être réélu et qui fait tout pour s’ouvrir un boulevard. On est d’autant plus fondé à penser ainsi que le président Vaz, on le sait, est entré en rébellion contre son parti, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIDC), pour avoir contesté le Premier ministre que sa formation politique, en vertu de la Constitution, lui proposait. La suite, on la connaît.

Un retour des militaires  au pouvoir, en Guinée-Bissau, ne serait ni plus ni moins qu’un grand recul

La Guinée-Bissau a connu, pendant près de deux ans, une apoplexie institutionnelle à nulle autre pareille, obligeant la Communauté  économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à taper du poing sur la table. C’est, du reste , ce qui a permis la décrispation de l’atmosphère sociopolitique dans le pays. En tout cas, le pouvoir bissau-guinéen ferait mieux d’accepter la révision  du fichier électoral que réclame l’opposition, pour éviter le risque d’une crise postélectorale qui pourrait en rajouter à la « situation financière très difficile » que connaît le pays depuis des années. Il faut éviter à tout prix de réveiller les vieux démons dans  ce pays où les hommes en treillis sont prompts à exploiter la moindre occasion pour s’’inviter dans l’arène politique avec tout ce que cela comporte comme dangers pour la démocratie et l’Etat de droit.

Du reste, n’eût été la présence des forces armées de la CEDEAO à Bissau, il y a fort à parier que les  bidasses bissau-guinéens auraient trouvé un prétexte pour opérer un coup de force afin de s’emparer du pouvoir. Heureusement, on n’en est pas là. Car, un retour des militaires  au pouvoir, en Guinée-Bissau, ne serait ni plus ni moins qu’un grand recul dans un contexte où les peuples aspirent à plus de liberté et de changement.

 

Boundi OUOBA

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