17E COP DANS UN CONTEXTE DE CANICULE : Les décideurs vont-ils enfin s’assumer ?
Oulan Bator, la capitale de la Mongolie, accueille du 17 au 28 août 2026, la conférence des parties de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULD). Le thème de cette 17e rencontre mondiale est : « Restaurer les terres, restaurer l’espoir ». Un thème d’actualité vu le contexte difficile dans lequel vivent aujourd’hui plusieurs Etats impactés par la canicule et la désertification. A propos de désertification, le pays hôte, la Mongolie, en est la plus impactée au monde avec près de 77% de ses terres dégradées. Une raison qui pourrait expliquer le choix de la tenue de cette 17e Cop, sur son sol. Cela dit, cette vague de chaleur n’est pas sans conséquences aussi bien en Occident, en Asie, en Amérique, qu’en Afrique. En France, cette forte canicule est à l’origine de plusieurs incendies ravageant des milliers d’hectares de forêts, sans oublier des pertes en vies humaines. Le royaume Chérifien a vécu le même drame l’année dernière. Vu l’urgence de la situation, les sujets qui seront débattus lors de cette rencontre, que sont, entre autres, les causes de la dégradation des terres, le réchauffement climatique, la déforestation, devraient susciter un grand intérêt auprès des décideurs. Il s’agira, au terme de cette Cop 17, de les interpeller afin qu’ils s’assument pleinement. Quant aux grandes puissances en particulier, elles devraient faire davantage en acceptant d’accompagner les pays plus faibles impactés par la désertification !
Il est urgent d’agir
Toujours est-il qu’il y a urgence à investir dans la santé des sols. Le sol ne donne que ce qu’il reçoit. Un sol en bonne santé est un adjuvant pour la sécurité alimentaire, un allié pour le climat, ce d’autant que le sol stocke le carbone. Investir dans la santé des sols, c’est aussi investir dans la biodiversité et dans l’adaptation car un sol sain peut stocker l’eau et la restituer en cas de sècheresse. Et l’un des objectifs de cette Cop 17 sera certainement de convaincre les Etats, les banques agricoles et le secteur privé, à investir dans la restauration des terres et arrêter de subventionner des pratiques agricoles qui détruisent les sols. Quant aux pays à faible revenu, en particulier ceux d’Afrique subsaharienne, les déficits de rendement, l’accès limité aux intrants rendent les populations extrêmement vulnérables, d’où la nécessité d’accompagner ces populations en mettant à leur disposition ces intrants afin qu’elles restaurent ces terres dégradées. Au-delà, il faut, en amont, procéder à une sensibilisation des populations sur la protection des sols. Et ce n’est pas tout. Les promesses de financement doivent être également tenues. C’est d’autant plus nécessaire qu’au-delà du continent noir, la désertification et la dégradation des terres affectent 40% de la superficie terrestre, et chaque année, 100 millions d’hectares de terres saines deviennent improductives. Ces phénomènes menacent directement la vie de 3,2 milliards de personnes et entraînent des coûts économiques estimés à 880 milliards de dollars par an. Il est donc urgent d’agir.
Ben Issa TRAORE
