HomeLa chronique du fouBAIL LOCATIF AU BURKINA : Savoir faire montre de tolérance et de responsabilité

BAIL LOCATIF AU BURKINA : Savoir faire montre de tolérance et de responsabilité


Au Burkina Faso, il n’est pas donné à tout le monde de se construire une maison, tant les terrains coûtent extrêmement cher. Même pour en prendre en location, il faut s’y prendre tôt au risque de se faire dribler. En effet, le domaine du bail d’habitation privée est tellement rempli de prédateurs, de truands et de filous que le gouvernement a décidé d’y mettre de l’ordre. Dans une récente décision, il a pris des mesures pour règlementer le métier de démarcheur. Les démarcheurs, ce sont ces jeunes qui jouent les intermédiaires entre les locataires et les bailleurs, moyennant des frais de commissions. La mesure a été accueillie avec soulagement par de nombreux Burkinabè. Pour cause, ces démarcheurs commençaient à se montrer trop gourmands dans leurs réclamations, et peu se montraient loyaux et réglos envers leurs clients. Mais je ne voudrais pas trop m’attarder sur ce sujet, bien qu’il ne soit pas moins important. Je voudrais parler d’un autre sujet beaucoup plus préoccupant. C’est la question du bail locatif, cette relation entre propriétaire de maison et locataire. Cette relation, la plupart du temps, est loin d’être un fleuve tranquille. Les raisons sont diverses et les responsabilités, dans bien des cas, sont partagées. En effet, certains bailleurs sont intraitables. Ils ne font montre d’aucune flexibilité. Ils ne prennent même pas souvent le soin d’écouter leurs locataires. A la fin du mois, ils ne voient que leur argent. Au moindre retard de paiement, ils sont prêts à tout, même à humilier leurs locataires. Je connais des propriétaires de maisons qui, à partir du 6 du nouveau mois, vont harceler les occupants des lieux.

 

Que chacun reste mesuré dans ses réactions

 

 Et s’ils n’obtiennent pas gain de cause, ils mettent les cadenas et repartent avec leurs clés. De la dignité et de l’intimité de leurs locataires, ils s’en soucient comme d’une guigne. C’est fort de café ! Ils sont certes, dans leur bon droit de réclamer leur dû. Mais il faut savoir faire preuve d’humanisme. Car, la vie est comme une roue qui tourne. Personne ne sait de quoi demain peut être fait. Je ne suis pas en train de défendre quelqu’un ou d’encourager quoi que ce soit. Et je veux être clair. Je ne défends pas non plus les mauvais locataires. Car, certains exagèrent comme si construire une maison était facile. Pour tout dire, il faut aussi avoir pitié du bailleur qui, s’il a construit sa maison, a tout le droit d’en attendre un retour sur investissement. C’est connu : bien des locataires ne sont pas tous irréprochables. Il y en a plein qui passent le temps à ruser et abusent de la bonté de leurs bailleurs. Ces locataires ne respectent jamais leurs engagements. Ils ne paient jamais leur loyer à bonne date. Et sans scrupule, ils ne tardent pas à se montrer désagréables à la moindre remarque ou interpellation. C’est irresponsable de leur part et c’est fort regrettable. Aucun propriétaire de maison ne souhaite avoir affaire à ce type de locataire. Fort heureusement, tous ne se comportent pas de la même façon. Il en existe qui respectent leurs engagements. Certains sont si réglos que leurs bailleurs en arrivent à regretter leur départ, se demandant s’ils en trouveront d’aussi responsables et loyaux. En réalité, les relations bailleurs-locataires ne sont pas intrinsèquement tendues ou tumultueuses. C’est la rigidité des uns et la défaillance des autres qui rendent cette relation complexe et parfois conflictuelle. Alors, pour que les choses aillent mieux, il faut, d’une part, que les bailleurs sachent faire montre de tolérance, et d’autre part, que les locataires fassent preuve de responsabilité. Chacun doit rester mesuré dans son comportement.

 

«Le Fou»


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