ELIMINATION DE LA RDC DU MONDIAL 2026 : Une symphonie inachevée
A la suite de l’Afrique du Sud et de la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo (RDC) est éliminée de la Coupe du monde 2026 conjointement organisée par les Etats-Unis, le Mexique et le Canada. Comme les Bafana Bafana et les Eléphants, les Léopards quittent la compétition au stade des seizièmes de finale. Une performance historique pour chacune des trois nations qui n’avaient jamais atteint ce stade de la compétition. Mais ceci reste une symphonie inachevée dans une compétition où l’Afrique venait pour dire son mot et justifier que le nombre de places à elle accordé dans ce tournoi, est largement mérité.
Malgré ce résultat décevant, Chancel Mbemba et ses camarades n’ont pas démérité
Et ces éliminations sont d’autant plus décevantes qu’elles tiennent, pour la plupart, à des détails qui sont la preuve, si besoin en était, qu’il y avait de la place pour ces équipes africaines, pour aller plus loin dans la compétition. Mais c’est la règle du jeu. Et il faut l’accepter, du moment où, comme disent les Américains, le tournoi est entré dans la phase du « win or go home ». Pour en revenir à la RDC, le moins que l’on puisse dire, c’est que les Léopards sont tombés sur plus fort qu’eux. En effet, ils ont eu le malheur de tomber sur une équipe affamée des Tree Lions qui ont envie de dévorer tout sur leur passage, dans leur quête de cette deuxième couronne mondiale qui dure depuis soixante ans maintenant, soit une éternité. L’épopée des Léopards s’arrête donc aux portes des huitièmes de finale. Mais les Congolais peuvent être fiers de leur équipe qui, des éliminatoires continentales aux matchs de barrages intercontinentaux, a eu l’un des plus longs parcours dans cette compétition. Cela ne les a pas empêchés de sortir brillamment des matchs de poules pour accéder au second tour après un nul héroïque (1-1) face au Portugal et une victoire probante (3-1) sur l’Ouzbékistan, en ne concédant qu’une courte défaite (1-0) face à la Colombie. Des résultats qui traduisent les progrès du football africain en général et du football congolais en particulier, qui ont fait, à la faveur de ce tournoi, la démonstration d’un potentiel capable de rivaliser avec n’importe quel adversaire. Mais il y a encore des efforts à faire et du chemin à parcourir. Et dans le cas de la RDC, cette élimination, au moment où le peuple congolais se mettait à rêver, sonne comme un coup de massue pour les populations qui avaient trouvé dans cette compétition, un exutoire contre les maux qui les assaillent au quotidien, en raison de la guerre qui perdure dans l’Est du pays, et de la maladie d’Ebola venue en rajouter à leur calvaire. C’est dire tout le bien qu’une qualification au prochain tour, aurait fait aux Congolais. C’est dire aussi tous les espoirs que ces derniers plaçaient en leur équipe pour leur permettre de continuer le rêve. Mais, malgré ce résultat décevant, Chancel Mbemba et ses camarades n’ont pas démérité. Ils n’ont pas non plus à rougir d’un parcours qui reste, quoi qu’on dise, honorable dans l’ensemble. Car, ils ont le mérite d’avoir écrit l’un des plus beaux, sinon le plus beau chapitre de l’histoire du football congolais.
Ils ont fait rêver les Congolais qui sont passés par toutes les émotions dans ce tournoi
Et s’ils ne peuvent effacer le triste souvenir de la première participation de leur pays à une Coupe du monde soldée par une cuisante déculottée (9-0) face à la Yougoslavie, l’histoire retiendra que cinquante-deux ans plus tard, Sébastien Desabre et ses félins ont marqué les esprits par un parcours qui réhabilite l’image d’un football congolais en pleine rédemption. Et les Congolais leur doivent d’autant plus de la reconnaissance que rien ne leur a été facile dans ce tournoi. Le chemin de la qualification a été long avec les barrages africains et intercontinentaux harassants. En plus, les mesures drastiques qui leur ont été imposées aux Etats-Unis, en raison de l’épidémie d’Ebola qui sévit dans leur pays, ont été autant d’embûches qui n’ont pas permis à l’équipe de peaufiner au mieux ses derniers réglages en vue de se mettre dans les conditions optimales pour aborder le tournoi. Malgré tout, les joueurs ont fait montre de caractère et de résilience pour forcer le destin et obtenir leur qualification au second tour dans un groupe où ils étaient loin d’être les favoris. Et c’est peu dire qu’ils ont fait rêver les Congolais qui sont passés par toutes les émotions dans ce tournoi. Mais la symphonie gardera toujours ce goût d’inachevé au regard du parcours difficile des Léopards et des espoirs douchés de leurs compatriotes dans un contexte où le pays traverse de grandes difficultés.
« Le Pays »
