L’UA FACE A LA CRISE DU FINANCEMENT DANS LE SECTEUR DE LA SANTE : Aller au-delà des interpellations
Les dirigeants africains réunis en sommet extraordinaire à Accra au Ghana, ont appelé à un financement d’urgence et durable des systèmes de santé sur le continent, déplorant une baisse de l’aide internationale, conjuguée à l’insuffisance des investissements nationaux. Une situation qui, sans aucun doute, menace les progrès accomplis depuis plusieurs décennies dans la lutte contre le VIH/Sida, le paludisme et la tuberculose, et bien d’autres maladies. En lançant cet appel, les chefs d’Etat africains souhaitent que les partenaires qui, de moins en moins, crachent au bassinet, fassent un peu plus d’effort. Un appel qui, sans doute, risque de rester lettre morte, quand on sait que les bailleurs internationaux sont, eux aussi, confrontés à des problèmes financiers liés à leurs préoccupations domestiques. Autant dire que les Occidentaux ne pourront pas éternellement venir en aide aux Africains. Une réalité que ne réalisent pas toujours bien des dirigeants du continent. C’est pourquoi, plutôt que de toujours tendre la sébile, ils gagneraient mieux à investir davantage dans les systèmes de santé de leurs pays respectifs. C’est d’ailleurs ce que devrait préconiser le sommet extraordinaire d’Accra. Et le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, n’a pas manqué de le rappeler aux chefs d’Etats africains, quand il a déclaré : « Les gouvernements africains doivent désormais renforcer leur engagement financier afin de réduire la dépendance vis-à-vis des bailleurs internationaux ».
Il est inadmissible que plus de 60 ans après leurs indépendances, des pays attendent toujours que leur salut vienne des autres.
Voilà qui est sans équivoque ! Toujours est-il que pour que ce sommet ne soit pas un sommet de trop, l’Union africaine (UA) doit se donner les moyens pour que son appel aux investissements nationaux des systèmes sanitaires, ne reste pas sans effet. C’est pourquoi elle doit changer de paradigme en allant au-delà des interpellations, sous peine de rester une éternelle assistée ; et ce, alors même que l’on sait que ce ne sont pas les moyens qui lui manquent. Cela dit, au niveau des différentes nations, bien des dirigeants doivent travailler à relever le plateau technique de leur pays. C’est plus une question de volonté politique qu’autre chose. En tout état de cause, il est inadmissible que plus de 60 ans après leurs indépendances, des pays attendent toujours que leur salut vienne des autres. Mais comme on le dit souvent, l’espoir fait vivre. On peut espérer que dans un futur proche, le continent noir fera un prodigieux bond en avant en matière de politique sanitaire au grand bonheur de ses populations.
Edoé MENSAH-DOMKPIN
