HomeA la uneSORTIE DU PRESIDENT KENYAN SUR LES ETRANGERS : Attention au syndrome sud-africain !

SORTIE DU PRESIDENT KENYAN SUR LES ETRANGERS : Attention au syndrome sud-africain !


A partir d’aujourd’hui, 7 septembre 2026, s’ouvre  officiellement la chasse aux étrangers au Kenya. C’est le chef de l’Etat himself qui a annoncé la couleur, estimant qu’il n’est pas normal que certaines petites activités commerciales, en l’occurrence le colportage et  le petit commerce, soient exercées par des non-nationaux. Ce faisant, il dit avoir instruit son gouvernement de mettre un terme à ces pratiques. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le président Ruto, en cherchant à protéger ses compatriotes en leur garantissant des emplois, est dans son bon droit. Surtout quand on sait que ce dernier avait battu  campagne en faveur des couches sociales défavorisées qui continuent de tirer le diable par la queue. En effet, même si le coût de la vie au Kenya est en moyenne 50% moins élevé qu’en France, le pouvoir d’achat y est beaucoup plus faible. Et en tant que dirigeant, il revient au président Ruto de trouver la solution magique afin de soulager les peines de ses compatriotes qui, par-moments, n’hésitent pas à exprimer leur colère dans la rue. C’est dire si le président Ruto, par cette mesure prise contre les étrangers, cherche à s’attirer les bonnes grâces des Kényans et cela, en vue de s’offrir un nouveau mandat à la faveur de  la présidentielle  qui  se profile à l’horizon. Certes, on comprend bien la stratégie politique du successeur de Uhuru Kenyatta consistant à chercher un bouc-émissaire face au problème de chômage auquel est confrontée la jeunesse kényane. Mais en jetant la pierre aux étrangers, il les livre à la vindicte populaire ; tant ils seront désormais indexés comme étant la source des malheurs que vivent les Kényans.

 

Il faut rappeler à l’ordre tous les dirigeants qui rament contre l’intégration des peuples

 

Cela dit, il y a fort à craindre que dans les jours, semaines ou mois à venir, des étrangers ne soient pris pour cible et leurs biens vandalisés à l’instar de ce qui se passe en Afrique du Sud depuis quelque temps. Attention donc au syndrome sud-africain ! Franchement, il est des moments où le silence vaut mieux que la prise de parole surtout quand celle-ci peut contribuer à créer un problème dans un problème. En effet, tant que ce n’était que des citoyens lambda qui incitent à la xénophobie, on pouvait tolérer, mais que cela vienne du plus haut sommet d’un Etat, il y a de quoi perdre son latin. D’où la nécessité pour l’Union africaine (UA) de se secouer. Il faut rappeler à l’ordre tous les dirigeants qui, au nom de leurs intérêts personnels, rament contre l’intégration des peuples. Si elle laisse faire, elle créerait un fâcheux précédent qui, à terme, pourrait fragiliser ses protocoles communautaires ; elle qui, à l’horizon 2063, appelle à placer la mobilité humaine au cœur de l’intégration et du développement du continent. Pour revenir au Kenya, force est de rappeler que si les étrangers qui, généralement, ne peuvent pas travailler dans l’Administration publique, se sont beaucoup investis dans le petit commerce, c’est parce que ce secteur présente beaucoup d’opportunités. Où étaient donc les Kényans pour ne pas les saisir ? Qui les en a empêchés ? Questions à mille inconnues auxquelles ferait mieux de répondre le président Ruto qui, en réalité, joue à l’autruche, se refusant d’accepter l’échec de sa gouvernance.

Boundi OUOBA


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