HomeLa chronique du fouCES FEMMES QUI NE SAVENT PAS CUISINER : Le problème ne date pas d’hier !!

CES FEMMES QUI NE SAVENT PAS CUISINER : Le problème ne date pas d’hier !!


Moi Fou, je n’invente rien ici, et je n’exagère pas non plus. C’est un fait que je croise trop souvent pour le taire : des femmes qui reconnaissent, sans grande gêne, n’avoir jamais su préparer un repas. Pas cuisiner mal, ni cuisiner un peu. Ne rien savoir du tout, ni surveiller une sauce, ni doser le sel. Mais avant d’être une femme, elle a d’abord été jeune fille. Et si cette jeune fille-là n’a jamais appris à cuisiner, ce n’est pas le mariage ni l’âge adulte qui va soudainement lui révéler ce savoir par miracle. Le problème ne se pose donc pas au moment où elle devient femme. Moi Fou, je le dis sans détour : il se pose bien avant, pendant l’enfance. Une jeune fille de quinze ans incapable de faire bouillir un plat correct, c’est là qu’il faut regarder, et je le dis tel quel : quelqu’un a manqué à son devoir envers elle, bien avant qu’on ne vienne juger la femme qu’elle deviendra. Je précise, avant qu’on me fasse dire ce que je ne dis pas : un garçon peut très bien apprendre à cuisiner lui aussi, et le monde a bien changé sur ce point. Mais qu’une mère transmette ce savoir à sa fille enfant, ça, moi Fou, je le considère comme un strict minimum. Et je sais d’où vient souvent le trou : dans beaucoup de familles, faire garder la cuisine par une employée de maison, est une pratique courante et parfaitement normale, qui n’a rien d’un abandon en soi. Le problème n’est pas là, il est ailleurs : c’est quand cette délégation devient totale, au point que la fille de la maison ne voit jamais personne cuisiner, ni n’apprend jamais à ses côtés. Comment apprendrait-elle, dans ce cas, si personne, ni sa mère ni sa tante ne prend le temps de la faire entrer en cuisine avec elle ? Ce savoir se transmet le plus solidement dans l’enfance, à force de présence répétée. Cela ne veut pas dire qu’un adulte ne peut jamais apprendre à cuisiner par la suite. Moi Fou, je serais malhonnête de prétendre le contraire. Mais ce qu’on apprend enfant, avec le temps, l’insouciance et la présence d’un proche à ses côtés, on ne le rattrape jamais aussi facilement plus tard dans l’urgence d’un foyer à nourrir. Pour celles qui savent cuisiner et qui refusent tout de même de le faire, une fois devenues femmes, moi Fou, je me garde bien de toutes les mettre dans le même panier, car deux logiques bien différentes s’y cachent. Il y a d’abord une fatigue tout à fait réelle : une femme qui travaille toute la journée, qui gère seule son foyer et ses enfants, n’a pas toujours, le soir venu, l’énergie de retourner devant les fourneaux. Cela, moi Fou, je le comprends parfaitement, et je refuse d’en faire un reproche, comme je refuse d’en faire un aux mères qui, elles aussi, jonglent entre le travail et la maison sans toujours avoir le temps de transmettre ce qu’elles voudraient transmettre. Mais il existe aussi, chez d’autres, un refus assumé et parfaitement conscient : celui de ne plus vouloir porter, seule, la charge de nourrir toute une maisonnée, ce rôle qu’on leur a assigné enfant, sans jamais leur demander si elles voulaient le porter, adulte.

Et les garçons dans tout ça ?

 

Et les garçons, dans cette histoire, où sont-ils passés ? Moi Fou, je crois qu’on les oublie volontiers parce que ce silence-là arrange tout le monde. Si nourrir sa famille est un savoir essentiel, rien ne justifie qu’on l’enseigne aux filles et qu’on en dispense les garçons dès le berceau. Combien de mères apprennent à leurs fils à cuisiner avec la même exigence, qu’à leurs filles ? Très peu, et personne ne l’ignore vraiment. On prépare les unes à un rôle, on dispense les autres du même apprentissage, puis on s’étonne du déséquilibre chez les adultes qu’ils deviennent, comme si ce déséquilibre était tombé du ciel plutôt que d’avoir été construit année après année. Moi Fou, je ne m’étonne de rien : on récolte exactement ce qu’on a semé. Alors non, je ne juge ni la femme qui ne sait pas cuisiner, ni celle qui refuse de le faire. Ce que je juge, moi Fou, c’est notre silence collectif face à une transmission qu’on a laissée s’éteindre chez les filles comme chez les garçons, avant de venir se plaindre du résultat, une fois qu’ils sont devenus adultes.

 

« Le Fou »


No Comments

Leave A Comment