HomeA la une81e AG DE L’ONU : De ces séances de défouloir, que peut tirer l’humanité ?

81e AG DE L’ONU : De ces séances de défouloir, que peut tirer l’humanité ?


La 81e Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) s’est ouverte le 22 septembre dernier, à New- York. Et depuis lors, les chefs d’Etat et de gouvernement se succèdent à la tribune de l’organisation mondiale. Au deuxième jour du Débat général, l’Afrique est entrée en scène avec des pays tels que le Burundi, la Libye, le Botswana, la République centrafricaine et l’Ethiopie qui sont tous passés au parloir. A l’instar des autres pays qui les ont précédés à cette tribune, ils ont, eux aussi, exprimé leurs préoccupations et priorités nationales respectives et décliné, par la même occasion, leur vision d’un monde plus juste et plus équitable. Et comme toujours, les crises qui secouent l’Afrique, les questions de développement, de migration, de domination du monde par les plus forts, les demandes de réforme de l’ONU, sont autant de sujets qui seront abordés par ces premiers représentants du continent.

 

La tribune de l’ONU semble devenue un lieu de règlement de comptes diplomatiques

 

L’Assemblée générale de l’ONU, dans son format, est une belle initiative. En ce sens que cette tribune offre la liberté à chaque Etat de dire ce qu’il pense de la marche du monde. Mais au fond, on sait aussi que tous les pays membres ne sont pas logés à la même enseigne au sein de cette tribune. Leurs discours sont jugés à l’aune de leur poids et de leur influence diplomatique. Si fait que certains chefs d’Etat et de gouvernement, notamment africains, ont parfois livré leur message dans une salle quasiment vide de monde, donnant l’impression que ces derniers passent leur temps à prêcher dans le désert. Et ce n’est pas la seule chose qu’il faut déplorer au sein de cette instance. En effet, la tribune de l’ONU semble devenue un lieu de règlement de comptes diplomatiques. Certains l’ont transformée en ring verbal où ils s’envoient des diatribes. Au final, on passe à côté de l’essentiel, en termes de transformation qualitative du monde et les mêmes problèmes demeurent.  La question que l’on se pose alors est la suivante : au-delà de ces discours folkloriques, qu’est-ce que l’humanité tire de positif de ces séances de défouloir à la tribune des Nations unies? C’est une question qui doit faire réfléchir plus d’un. Parce qu’en dépit des huit décennies que dure ce spectacle, le monde se porte toujours mal. L’instabilité, les divisions et l’incertitude demeurent constantes. Les zones de braise continuent de se multiplier à travers le monde. L’Ukraine, le Moyen-Orient, le Soudan, la Libye, la RDC, le Sahel, etc., sont tous des foyers de tensions. Au-delà de ces crises, les mêmes inégalités et les mêmes injustices demeurent. Les plus forts continuent de régner en maîtres en torpillant les plus faibles qui ne font que subir.  Le plus dramatique c’est que l’ONU qui a été créée après la Seconde Guerre mondiale avec pour mission principale de prévenir les conflits internationaux et de promouvoir la paix et la sécurité dans le monde, semble impuissante face à ce déferlement de violence et de domination. Si le Secrétaire général en fin de mandat, a senti le besoin de rappeler que son organisation était plus que jamais indispensable dans ce monde embrasé par les conflits, c’est qu’il est sans doute conscient du peu de crédibilité et de confiance dont elle jouit auprès de l’opinion publique internationale.

 

L’Afrique gagnerait à parler d’une seule voix pour se faire mieux entendre

 

En tout cas, beaucoup en sont aujourd’hui arrivés à s’interroger sur l’utilité réelle de cette organisation qu’ils estiment sous le contrôle et la férule de certaines puissances mondiales qui la manipulent à leur guise.  Le choix du thème de cette 81e AG placée sous le signe de la restauration de la confiance, se justifie donc à plus d’un titre. Il traduit la volonté d’une institution qui, face aux nombreuses critiques, a décidé de faire sa mue. Et c’est tant mieux. Parce que, si l’ONU veut redorer son blason, elle ne peut plus se permettre de rester dans son format actuel. Elle doit se réinventer et s’adapter à son époque. Et cela doit commencer par donner à l’Afrique, la place qu’elle mérite au sein de cette organisation. C’est-à-dire lui accorder un siège permanent au sein du Conseil de sécurité. L’absence de représentation permanente pour l’Afrique au sein de cet organe décisionnel de l’ONU, est une aberration que de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer. «Un Conseil de sécurité du XXIe siècle sans représentation permanente de l’Afrique, est injuste et indéfendable», a lui-même reconnu Antonio Guterres. En tout cas, pour tout un continent qui concentre plus de 60% des débats et des mandats opérationnels du Conseil de sécurité de l’ONU, demeurer sans droit de veto est une anomalie qui doit cesser. Mais avant de réclamer une place de membre permanent au sein de l’ONU qui lui revient de droit, l’Afrique gagnerait d’abord à parler d’une seule voix pour se faire mieux entendre au sein de cette organisation. 

 

«Le Pays»


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