HomeA la une27 MORTS DANS UNE DOUBLE FUSILLADE EN AFRIQUE DU SUD : Comment arrêter la spirale de la violence ?

27 MORTS DANS UNE DOUBLE FUSILLADE EN AFRIQUE DU SUD : Comment arrêter la spirale de la violence ?


L’horreur a encore frappé à la porte de l’Afrique du Sud dans la nuit du 26 au 27 septembre dernier. En effet, 27 personnes ont été tuées dans une double fusillade à Johannesburg et au Cap. Huit hommes armés de fusils d’assaut auraient fait irruption dans un bar et trucidé 17 personnes, blessé 15 autres et incendié des véhicules avant de prendre le large. Une autre fusillade s’est produite dans un établissement de nuit, faisant 10 morts et 11 blessés. Pour l’heure, les mobiles de ces massacres restent inconnus. Comment arrêter la spirale de la violence au pays de Cyril Ramaphosa? Bien malin qui pourrait répondre à cette question. En attendant, quelle sera la réaction du gouvernement face à cette horreur ? La question reste posée. Malgré les efforts déployés par le pouvoir sud-africain, le taux de criminalité reste préoccupant. En effet, l’Afrique du Sud est connue pour être l’un des pays où le taux de criminalité est le plus élevé en Afrique, voire dans le monde. C’est dire si la Police qui promet une forte récompense à toute personne qui permettrait d’appréhender les auteurs de ces massacres, a du pain sur la planche.  C’est d’autant plus vrai que la Nation arc-en-ciel qui compte 62 millions d’habitants, enregistre chaque jour, en moyenne 60 homicides. Et tant que les armes continueront à circuler comme des cacahuètes, il sera difficile de mettre fin à cette comptabilité macabre.  C’est dire si le président Cyril Ramaphosa doit retrousser ses manches. Et le premier combat qu’il doit mener et gagner, c’est celui du contrôle de la circulation des armes et ce, à travers des textes audacieux.  Tout autre mesure n’incluant pas ce volet, sera vouée à l’échec.

 

Il faut s’attaquer à la racine du mal

 

On est d’autant plus fondé à le penser que le déploiement de milliers de nouveaux policiers, la multiplication des arrestations et les descentes musclées des forces de l’ordre dans les points chauds des villes les plus dangereuses, n’ont, jusque-là, produit que très peu de résultats. Le déploiement de 2 200 soldats jusqu’en 2027, pourra-t-il changer la donne? On en doute fort. Cela dit, en attendant de trouver la panacée contre ce mal qui ronge le pays de Nelson Mandela, toute mesure visant à lutter contre la criminalité, est à saluer. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette tuerie intervient dans un contexte où l’Afrique du Sud ne fait pas de quartier aux étrangers. C’est dire si cette boucherie vient rappeler aux autorités sud-africaines, que ni les expulsions massives, ni les violences contre les étrangers, ne protégeront leur pays contre ses propres démons. Certes, on ne donne pas un blanc-seing à tous les étrangers parmi lesquels il peut y avoir des criminels, mais le traitement inhumain dont ils sont victimes en Afrique du Sud, ne se justifie pas. En tout cas, en attendant de connaître l’identité exacte des auteurs de cette barbarie, on peut se risquer à dire que l’Afrique du Sud se trompe de combat en s’attaquant sans discernement aux étrangers.  Elle gagnerait plutôt à questionner son modèle social, fait d’inégalités criardes entre les riches et les pauvres. Et tant que ce modèle social restera en l’état, la criminalité aura de beaux jours devant elle. C’est dire s’il faut s’attaquer à la racine du mal. Le locataire de Mahlamba Ndlopfu aura-t-il le courage de reconnaître l’échec du modèle social de son pays et travailler à mettre en place un modèle social plus équitable ? L’avenir nous le dira. En attendant, ce massacre qui intervient dans un contexte où la féminicide, prend de l’ampleur au point de susciter l’inquiétude légitime de la communauté internationale, montre que l’Afrique du Sud est malade et a besoin d’une thérapie de choc.

 

Dabadi ZOUMBARA   


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