LUTTE CONTRE LES CANCERS FEMININS : De la nécessité de poursuivre les efforts
Et revoilà « Octobre rose » ! Cette campagne annuelle de sensibilisation au cancer du sein, qui dure depuis plus de quarante ans, et qui revient cette année encore, avec ses nombreux défis. Un mois devenu un symbole : celui de la couleur rose associée à la féminité. Et un repère international pour mobiliser les énergies autour de la lutte contre les cancers féminins. Durant tout ce mois, différents acteurs issus notamment des milieux associatif et médical, mènent souvent des campagnes de sensibilisation à l’endroit du grand public dans de nombreux pays, pour informer sur l’importance du dépistage précoce afin de faciliter la prise en charge de la maladie. Parallèlement, des campagnes de collecte de fonds pour la recherche, sont aussi menées.
Il faut encourager les gouvernements à multiplier les efforts visant à soulager les malades
Des actions à portée mondiale, qui se justifient d’autant plus que c’est une maladie qui fait des ravages à travers la planète, et aucun pays n’est épargné. Toujours est-il que le fait d’étendre la campagne sur tout un mois, a aussi son importance. L’objectif étant d’en maximiser l’impact médiatique ainsi que la participation du public. En Afrique, il est établi que le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes. Et chaque année, ce sont des milliers de décès qui sont enregistrés pour des raisons aussi diverses que variées. Mais principalement pour cause d’un diagnostic souvent tardif. D’où l’importance de la sensibilisation pour un dépistage précoce, et la nécessité de poursuivre les efforts. Car, quand elle est déclarée, la maladie est toujours difficile à combattre. Parce qu’entre la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie et autres, les traitements sont souvent très lourds et très coûteux. Mais contrairement à certaines idées préconçues, ce n’est pas une maladie incurable, à condition que la détection se fasse tôt. C’est dire si les malades du cancer du sein ne sont pas des malades condamnés à une mort certaine. Au contraire, des sources indiquent que les pourcentages de guérison sont très élevés, quand le cancer est détecté très tôt. Encore faudrait-il que les femmes en âge acceptent de se soumettre à un dépistage systématique et régulier. C’est-à-dire, effectuer au moins une palpation annuelle chez un médecin, un gynécologue ou une sage-femme ainsi que des mammographies répétées et à intervalles réguliers selon les âges. Ce qui n’est pas gagné d’avance sous nos tropiques africains où le manque d’infrastructures spécialisées et l’accès limité aux traitements, constituent autant de facteurs aggravants d’une situation déjà très préoccupante. Car, au-delà des barrières culturelles, les patientes n’ont pas toujours les moyens financiers pour une prise en charge efficiente. C’est pourquoi il faut encourager les gouvernements à multiplier les efforts visant à soulager les malades et à améliorer la prise en charge médicale, en même temps qu’il est impérieux de maintenir la sensibilisation à un niveau de constance élevé.
Le chemin de la lutte reste encore long et parsemé d’embûches
Car, si la maladie est tant redoutée en Afrique, c’est en raison de son impact lié au taux de mortalité qui est très élevé sur le continent noir. Et les raisons paraissent d’autant plus évidentes qu’il ressort des chiffres que beaucoup de patientes ne consultent pour la première fois qu’à un stade déjà avancé de la maladie. Ce qui rend la prise en charge beaucoup plus difficile avec des résultats souvent voués à l’échec. Et la situation est critique d’autant plus que beaucoup de femmes souffrent en silence, pendant que de nombreuses autres restent exposées et pourraient perdre la vie si des mesures d’urgence ne sont pas prises pour lutter contre cette maladie de façon beaucoup plus efficace. C’est le lieu de saluer l’action d’«Octobre Rose » qui continue de justifier sa pertinence, quarante ans après son lancement. En tout état de cause, le chemin de la lutte reste encore long et parsemé d’embûches. Et cette lutte nécessite une plus grande implication des pouvoirs publics, comme c’est le cas au Burkina Faso où depuis quelques années, le gouvernement a déployé dans les périphéries urbaines et jusque dans les zones rurales, des cliniques mobiles de santé, pour aider au dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus. Des cliniques équipées aussi pour les diagnostics et des soins spécialisés. Un exemple qui représente une avancée majeure dans l’amélioration de l’accès aux soins de santé dans ce pays et qui pourrait en inspirer d’autres.
« Le Pays »