DES PROXENETES ET LEURS COMPLICES A LA BARRE : Un procès pour l’exemple
Le 23 janvier dernier, il s’est ouvert un procès un peu particulier au Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou. La particularité, ici évoquée, ne porte pas sur le déroulement du procès en lui-même. Loin s’en faut ! Elle porte plutôt sur les faits qui sont jugés. En effet, les personnes poursuivies comparaissent pour des faits de proxénétisme et de traite de personnes. Et parmi les prévenus se comptent des tenanciers d’auberges et des gérants de débits de boisson. Que s’est-il donc passé pour que l’on en arrive là ? C’est la question que beaucoup de gens se posent. En fait, s’ils sont à la barre, c’est parce que ces propriétaires et gérants de maisons de tolérance et de maquis, faisaient partie de réseaux qui exploitaient des jeunes filles de nationalité étrangère, qui se prostituaient. La pratique consiste à faire miroiter à ces jeunes filles, des emplois décents dans des restaurants au Burkina, et une fois à destination, elles sont soumises à la prostitution et cela, suivant la volonté de ceux qui ont réussi à les appâter. Cette pratique n’est pas nouvelle. Elle est très ancienne. Mais les membres de ces réseaux se font tellement discrets qu’il faut de la perspicacité pour pouvoir les démasquer. Et Dieu seul sait si ceux qui sont à la barre du TGI de Ouaga I pour proxénétisme, ne sont que la partie visible de l’iceberg. Sans doute sont-ils nombreux qui évoluent dans l’ombre et qui suivent le déroulement de ce procès afin de voir les nouvelles stratégies à développer pour déjouer la vigilance des services compétents. Mais ils oublient ou feignent d’oublier que quand on choisit d’évoluer dans l’illégalité, on finit toujours par se faire attraper.
Il faut situer les responsabilités afin que justice soit rendue aux victimes et à leurs parents
C’est une vérité indéniable. En fait, on se demande si certains essaient parfois de faire montre d’empathie pour comprendre qu’il y a des choses qu’il faut éviter. Il suffit, en effet, d’imaginer ta propre fille, ta sœur ou une proche victime d’exploitation sexuelle, pour comprendre à quel point cela fait mal. Pourquoi alors faire aux autres ce que l’on n’est pas prêt à supporter ? Certes, on sait que, pour certains, l’argent n’a pas d’odeur et peu importent les moyens par lesquels ils passent pour s’en procurer. Mais ils doivent garder à l’esprit que tôt ou tard, les actes de chacun, en bien comme en mal, le rattraperont. En tout cas, en attendant la sentence de la justice immanente, la justice des Hommes va se charger de rappeler à l’ordre tous ces gens-là qui s’adonnent à des inconduites notoires. C’est le cas de ces proxénètes et leurs complices qui se retrouvent groggys de leurs propres turpitudes, attendant d’être situés sur leur sort. C’est le lieu de rendre hommage à tous ceux qui ont facilité la tenue de ce procès. Il faut situer les responsabilités afin que justice soit rendue aux victimes et à leurs parents. Cela dit, ce procès, on l’espère, doit aussi ouvrir les yeux à bien de jeunes filles qui, toute raison gardée, doivent pouvoir tirer leçon des erreurs des autres. Il faut apprendre à faire preuve de discernement pour ne pas tomber dans le piège des marchands d’illusions qui, en réalité, ne cherchent que leurs propres intérêts.
Sidzabda
