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ASSASSINAT DU DIRIGEANT DE LA CMA

Puisse sa mort servir de limon fertile à une fraternité retrouvée entre frères maliens

Barbe foisonnante, la mine plutôt réjouie, il savourait sans doute l’instant solennel où il apposait sa signature au bas de l’accord de paix inter-malien, au nom des rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). C’était le 20 juin 2015 à Bamako.  Sidi Brahim Ould Sidati, puisque c’est de lui qu’il s’agit, président en exercice de la CMA et par ailleurs secrétaire général du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), n’est malheureusement plus de ce monde.  Il a succombé aux rafales assassines d’individus armés qui avaient débarqué devant son domicile bamakois, le 13 avril dernier, mus par l’intention maléfique de l’envoyer ad patres.  Qui a commis cette horreur ? Quels en sont les probables commanditaires ? Si on ne sait, pour l’heure, rien des auteurs de ce crime – le saura-t-on d’ailleurs jamais ? -on peut au moins être sûr d’une chose :  cet acte odieux ne sert nullement la cause de l’accord de paix d’Alger qui se voit, pour ainsi dire, violemment agressé. N’ayons pas peur des mots ; ceux qui ont commis l’innommable sont des ennemis de la paix et doivent être  traités comme tels. Les assassins qui courent toujours, répondront-ils un jour de leurs actes, comme le demande, du reste, aux autorités maliennes, la médiation internationale dans la crise malienne, sous le choc ?  Pour autant que celles-ci veuillent élucider l’affaire, elles auront certainement fort à faire, tant en pareilles situations, l’inextricable écheveau des responsabilités et des complicités est difficile à démêler. Mais, on croise les doigts.  Rien n’est impossible, en effet, si Bamako veut bien se donner les moyens de faire éclater la vérité. 

 

On pourrait garder de Sidi Brahim Ould Sidati, l’image d’un homme qui aura contribué à tracer les sillons de la paix en optant pour la négociation

 

Cela dit, la thèse du règlement de comptes n’est pas à écarter.  D’autant que le défunt qui s’affichait comme une personnalité du septentrion malien, n’avait pas que des amis, particulièrement à Tombouctou, sa région natale.   Son statut de leader du MAA lui a, sans aucun doute, valu des jaloux et bien des ennemis. Et quid du nouveau découpage électoral qui aura exacerbé les luttes d’influences, et ce faisant, compliqué, de son vivant, la tâche au leader défunt ?  Par ailleurs, en signant l’accord de paix, le 20 juin 2015 à Bamako, Sidi Brahim Ould Sidati ne se faisait certainement pas d’illusions sur les risques qu’il prenait face aux groupes extrémistes maliens ; lesquels n’ont sans aucun doute pas digéré ce qu’ils ont pu considérer comme une inflexion du sieur Sidati vis-à-vis de Bamako. Une posture qu’ils ont, somme toute, vécue comme une trahison. En tout état de cause, on pourrait garder de Sidi Brahim Ould Sidati, l’image d’un homme qui aura contribué à tracer les sillons de la paix en optant pour la négociation. Puisse sa mort servir de limon fertile, propice à l’éclosion d’une fraternité retrouvée entre frères maliens. Ce serait éviter à Sidi Brahim Ould Sidati de mourir doublement.

 

CBS

 

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