HomeA la uneGREVE DES SYNDICATS AU SENEGAL : Bassirou Diomaye Faye entre le marteau et l’enclume

GREVE DES SYNDICATS AU SENEGAL : Bassirou Diomaye Faye entre le marteau et l’enclume


Le Sénégal est à la croisée des chemins. C’est le moins que l’on puisse dire. En effet, alors que le torchon brûle entre le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye et son ex-Premier ministre, Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale, le front social est en ébullition. A preuve, le Front syndical pour la défense du travail (FSDT), du nom de cette plateforme qui regroupe 13 syndicats issus des secteurs de la santé, de l’éducation et du transport, vient de lancer un vaste mouvement de contestation prévu pour s’étendre sur trois jours et ce, sur toute l’étendue du territoire sénégalais. Menacés de sanctions disciplinaires et de risques de retenues sur salaires, les grévistes n’entendent pas s’en laisser conter.

 

 

Faye a tout intérêt à circonscrire l’incendie au risque de le voir prendre des proportions insoupçonnées

 

 Parmi leurs nombreuses revendications, se trouve la récente révision du Code du travail promulgué le 3 septembre dernier, et qui semble faire la part belle aux employeurs puisqu’il leur permet de garder un salarié en CDD (Contrat à durée déterminée) sur quatre ans. Jugeant cela inacceptable, les syndicats militent pour un plafonnement de ce délai à deux ans. Et ce n’est pas tout. Les travailleurs dénoncent des disparités sur fond d’injustices, estimant que pour un même niveau de responsabilité, les uns et les autres ne sont pas traités sur un pied d’égalité. On peut continuer à égrener les revendications, tant elles sont nombreuses. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les syndicats sont dans leur rôle ; tant il relève de leurs droits et devoirs de revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail pour leurs militants et sympathisants. Et ils semblent avoir choisi le bon moment pour le faire. Car, non seulement la grève intervient en pleine période de rentrée des classes, mais aussi elle se tient en prélude aux Jeux olympiques de la jeunesse prévus pour bientôt au Sénégal. C’est à la guerre comme à la guerre. Toutes les stratégies sont bonnes pour faire plier l’adversaire. En fait, les syndicats savent pertinemment qu’en agissant ainsi, ils exercent une pression supplémentaire sur le pouvoir qui, pour sauver l’image du Sénégal, sera amené à faire des concessions. Et plus tôt il le fera, mieux cela vaudra et ce, au regard surtout du contexte sociopolitique actuel du pays. Le président Bassirou Diomaye Faye se trouve donc entre l’enclume du mouvement syndical et le marteau de son ancien mentor Ousmane Sonko qui, s’il en a l’occasion, ne manquera pas de souffler sur des braises. En tout cas, la tension entre les deux personnalités a atteint un point de non-retour de sorte que le chef de l’Etat est conscient qu’il n’a pas droit à la moindre erreur, au risque de donner des arguments à son adversaire qui, sans aller avec le dos de la cuillère, menace de rejeter la loi de finances rectificative si elle ne prend pas en compte l’encadrement de la gestion des fonds spéciaux.

 

 

 

De la gestion de cette crise dépendra l’avenir politique du président Faye

 

 

 C’est dire si Bassirou Diomaye Faye a tout intérêt à circonscrire l’incendie au risque de le voir prendre des proportions insoupçonnées. Pour ce faire, il faudra, plutôt que de se contenter de bander les muscles, tendre la main aux syndicats afin que soient trouvées des solutions durables à leurs revendications. Surtout que ces derniers accusent le duo Faye-Sonko de n’avoir pas tenu sa promesse alors même qu’il avait promis le ciel et la terre à ses compatriotes. Aujourd’hui, le constat est tout autre. Car, non seulement Faye et Sonko ne parlent plus le même langage au point qu’ils ne veulent plus se voir, même en peinture, pire, les conditions de vie et de travail des Sénégalais, sous son magistère, se sont fortement détériorées avec à la clé la baisse de leur pouvoir d’achat et des licenciements abusifs. En tout état de cause, de la gestion de cette crise dépendra l’avenir politique du président Faye qui ne fait pas mystère de sa volonté de briguer un autre mandat; la principale raison d’ailleurs de son divorce d’avec son ex-allié Ousmane Sonko. 

 

​« Le Pays »


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