HomeA la uneJEAN-PIERRE BEMBA DEVANT LA CPI POUR SUBORNATION DE TEMOINS : L’enfant de l’Equateur pris au piège de son propre jeu

JEAN-PIERRE BEMBA DEVANT LA CPI POUR SUBORNATION DE TEMOINS : L’enfant de l’Equateur pris au piège de son propre jeu


 

Si les juges de la Cour pénale internationale (CPI) cherchaient des preuves irréfutables pour condamner l’ancien vice-président de la RDC, poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en Centrafrique en 2002 et 2003, alors, ils les ont. En effet, Fatou Bensouda, la procureure de la CPI, et ses collègues, ont mis à nu une opération ourdie par Jean-Pierre Bemba et quelques-uns de ses fidèles, dans laquelle ils ont suborné quatorze témoins. Ces témoins grassement payés, ont appuyé la thèse de Bemba selon laquelle ce dernier ne commandait pas ses soldats, notamment deux bataillons de milices envoyés pour prêter main forte au président Ange Félix Patassé, alors menacé par une rébellion conduite par François Bozizé. Poursuivi pour n’avoir pas puni et réprimé les meurtres, les viols et les pillages commis par ses hommes, l’enfant de l’Equateur a esquivé en tentant de démontrer que ses troupes étaient sous le contrôle de l’armée centrafricaine et que, par voie de conséquence, il ne saurait être tenu pour responsable de leurs actes. Alors que les juges avaient de la peine à se prononcer sur la culpabilité ou non de Bemba dans ce procès tenu en 2010 et 2014, l’ancien rebelle, de par cette subornation de témoins, vient de leur faciliter, d’une certaine façon, la tâche. En tout cas, tout ce qui était caché semble sur le point de venir à la lumière. La subornation ou la corruption de témoins facilitent en quelque sorte le procès du leader du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. En voulant « pervertir la Cour de la justice » en lui forçant la main pour obtenir l’acquittement au prix de la corruption, le « Chairman » vient de se tirer une balle dans le pied. Parce que, d’une certaine façon, Bemba avoue sa culpabilité des faits qui lui sont reprochés.

L’étau se resserre autour de Bemba

Ce d’autant que quand on est convaincu de son innocence, on n’a pas besoin de corrompre des témoins. Jean-Pierre Bemba a joué gros et il risque gros, étant entendu que s’il est reconnu coupable des faits de corruption ou de subornation de témoins, il risque d’y laisser sérieusement des plumes. Il pourrait même, en toute logique, être condamné avec des circonstances aggravantes. Toujours est-il que si Bemba est capable de « soudoyer » les témoins, on n’est pas loin de croire qu’il peut faire encore bien pire. Car, suborner des témoins à la CPI, c’est quand même trop risqué, trop osé et il faut avoir un cœur « dur » pour entreprendre une telle action. Ainsi donc, l’enfant de l’Equateur a été pris à son propre jeu. Ce comportement illustre, si besoin en était encore, que les criminels, sur le continent africain, ne veulent jamais assumer leurs responsabilités. On l’a vu avec les cas de Hissène Habré et du président kényan, Uhuru Kenyatta. Si ces gens sont capables de pervertir la justice internationale, qu’en sera-t-il des justices tropicales maniables et corvéables à souhait ? Comme quoi, l’existence de la CPI reste une très bonne chose. C’est le lieu de regretter l’immoralité des leaders politiques en Afrique et en particulier en République démocratique du Congo. Imaginons que Bemba qui était en passe de battre Kabila à la présidentielle, fût aujourd’hui président de la RDC. Avec une telle attitude de la part de Jean-Pierre Bemba, il faut dire que les Congolais ont frôlé la catastrophe. Malheureusement, l’actuel président de ce pays, Joseph Kabila, n’est pas non plus un exemple. L’un dans l’autre, c’est la RDC qui perd, car cette nouvelle  donne fait grandement l’affaire du satrape de Kinshassa qui peut continuer à boire son petit lait. Mieux valait pour l’ancien vice-président de la RDC, de se défendre de façon honnête, quitte à être condamné, que de s’aventurer dans une démarche suicidaire sur toute la ligne. Il est incontestable que l’étau se resserre autour de Bemba et qu’il a peu de chances de s’en sortir si sa culpabilité est avérée. Malheureusement pour la RDC, cette affaire intervient dans un contexte  de crise où celui qui pourrait un jour aller à la Haye, s’il n’y prend garde, ne semble pas vouloir tirer les leçons de ce qui arrive à son ancien ennemi juré, Jean-Pierre Bemba. La gouvernance de Kabila  pourrait coûter cher, encore une fois, au peuple congolais.

Michel NANA


Comments
  • Moi ce ce que je ne comprends pas avec cette sois disant “haute de cour de justice”, c’est le fait qu’elle n’incrimine que les présidents africains alors que ses présidents qui massacrent leur peuple au nom de cette foutue démocratie sont appuyés financièrement, militairement par des puissances étrangères qui elles ne sont jamais inquiétées. A quand le jugement de George Bush et de Sarkozy pour le bordel qu’ils ont semé en Irak et en Libye??? La justice doit être la même pour tous. Nos présidents africains sont des marionnettes et il faut dorénavant que tous ceux qui financent des rebelles ou des groupes terroristes qu’ils soient en occident ou en Afrique, soient accusés de crimes contre l’humanité et punis comme il se doit.

    1 octobre 2015

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