HomeA la uneLANCEMENT DU MOUVEMENT REBELLE DE L’EX-PRESIDENT KABILA : L’expression flagrante de l’échec des médiations

LANCEMENT DU MOUVEMENT REBELLE DE L’EX-PRESIDENT KABILA : L’expression flagrante de l’échec des médiations


Le Front pour la refondation du Congo (FRC) ! Ce n’est pas le nom d’un nouveau parti politique comme pourraient le penser certains. C’est plutôt le nom d’un mouvement politico-militaire lancé par l’ex-chef d’Etat congolais, Joseph Kabila. L’annonce en a été faite au cours d’une conférence de presse animée le 12 octobre dernier à Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). En fait, le FRC n’est rien d’autre qu’une plate-forme qui regroupe désormais l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le Mouvement de 23 Mars connu sous le nom de M23. Avec désormais l’ancien président Kabila à sa tête, le FRC se dit prêt à « fédérer et coordonner toutes les forces de résistance afin de mettre un terme à la tyrannie par tous les moyens, y compris la force ». Voilà qui est donc clair.

 

Le mode de dévolution du pouvoir entre Kabila et Tshisekedi, sentait et puait le deal

 

 En portant le FRC sur les fonts baptismaux, Joseph Kabila et ses camarades déclarent la guerre au président Félix Tshisekedi ; lui qui, visiblement, semblait préparé à une telle éventualité puisqu’il avait déjà, au cours d’une de ses sorties médiatiques, accusé ouvertement son prédécesseur, alors en exil en Afrique du Sud, de fomenter un coup d’Etat contre son pouvoir. Sans doute savait-il de quoi il parlait. Car, plusieurs mois après, Kabila a fini par tomber le masque. Pourquoi alors en est-on arrivé à une telle situation ? C’est la question que plus d’un se pose surtout quand on sait les conditions dans lesquelles Félix Tshisekedi était arrivé au pouvoir à l’issue de la présidentielle de 2018. Le mode de dévolution du pouvoir entre Kabila et Tshisekedi, sentait et puait le deal à plein nez au point que l’Eglise catholique n’avait pas hésité à prendre ses distances, dénonçant des fraudes massives. Si quelques années plus tard, les deux alliés d’hier sont devenus des adversaires au point qu’ils ne veulent pas se voir même en peinture, c’est que l’un des deux, en l’occurrence Kabila, s’est senti trahi. S’attendait-il à ce que Tshisekedi, parvenu au pouvoir, lui renvoie l’ascenseur ? Tout porte à le croire. Mais il estime avoir été payé en  monnaie de singe. Surtout qu’en plus des passe- d’armes entre les deux personnalités, l’ex-président Kabila a été jugé et condamné à la peine capitale par la Justice congolaise qui, soit dit en passant, a émis contre lui un mandat d’arrêt international. C’est dire si Kabila agit, tel un lion blessé qui cherche, par tous les moyens, à sauver sa tête. Et comme pour ne rien arranger, le président Félix Tshisekedi qui s’est illustré par une gouvernance chaotique, continue de multiplier les impairs au point que, brochant sur le tout, il cherche à s’offrir un troisième mandat, contribuant ainsi à diviser davantage les Congolais et les Congolaises. Aussi fait-il montre d’un ego surdimensionné, allant jusqu’à initier des concertations en vue d’un dialogue national tout en excluant l’AFC-M23. Pour parvenir à quel résultat ?

 

 

On court le risque de partition du pays

 

On ne saurait y répondre ; tant on imagine mal une solution à la crise congolaise, sans la prise en compte des préoccupations de l’AFC-M23 devenu le FRC. En tout cas, le peuple congolais est à plaindre. Car, après avoir tant souffert le martyre, il n’est pas encore au bout de ses peines. Loin s’en faut! Tant les jours à venir promettent d’être plus incertains. Qui pour sauver les Congolais? C’est la question que se posent bien des observateurs qui constatent, avec regret, que la naissance du FRC n’est ni plus ni moins que la résultante de l’échec des médiations initiées en vue de ramener la paix en RDC. Les pourparlers de paix engagés à Doha au Qatar et à Washington aux Etats-Unis, même s’ils avaient suscité beaucoup d’espoir, n’ont pas produit les effets escomptés et cela, parce que les uns et les autres ne font pas montre de sincérité. Face à une telle situation pour le moins complexe, il revient au président Félix Tshisekedi de faire montre d’un supplément d’âme en acceptant de descendre de son piédestal en vue de tendre la main, sans exception, à tous ses compatriotes. Cela permettra de crever l’abcès congolais et de poser le bon diagnostic qui permettrait in fine de trouver une solution holistique aux problèmes que soulèvent les uns et les autres. A défaut, et sans vouloir jouer les Cassandre, on court le risque de partition du pays. Ce à quoi l’on assiste de fait depuis bientôt deux ans.

 

« Le Pays »


No Comments

Leave A Comment