HomeDroit dans les yeuxPROJET D’ACCORD DE L’OPPOSITION EN VUE DE LA PRESIDENTIELLE DE 2020

PROJET D’ACCORD DE L’OPPOSITION EN VUE DE LA PRESIDENTIELLE DE 2020


Le cadre de concertation du Chef de file de l’opposition politique (CC/CFOP) s’est réuni en session ordinaire, le 4 février dernier. La rencontre, présidée par le Chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré, avait deux points inscrits à l’ordre du jour. L’un des points qui a retenu l’attention est le projet d’un accord politique entre les partis de l’opposition, dans le cadre des élections couplées de novembre 2020. En rappel, les partis politiques membres du Cadre de concertation avaient mis sur pied un comité préparatoire à l’effet de réfléchir à un accord politique qui sera conclu entre eux et toutes les forces qui le souhaiteraient, pour aborder les élections de manière concertée. A la rencontre du 4 février dernier, ce comité a livré le fruit de ses réflexions. Tous les participants ont marqué leur adhésion aux principes contenus dans le projet d’accord. Il reste maintenant à finaliser et à rendre public ledit accord politique. Il faut également préciser que seront associées à cet accord, outre les partis de l’opposition, toutes les forces de progrès et d’alternance qui veulent le changement. L’opposition est dans son bon droit, à 10 mois des grandes échéances électorales, de chercher à mettre en place, la stratégie la meilleure à ses yeux, c’est-à-dire celle qui est susceptible de lui permettre de réaliser l’alternance par les urnes. Avec l’insurrection populaire, l’alternance politique par les urnes dans notre pays, fait partie désormais du possible, puisqu’elle a permis, peut-on dire, de toiletter les textes à l’effet de garantir la transparence et l’égalité des chances dans les compétitions électorales si bien que le Tuk-guili (s’accaparer de tout) n’est plus possible au Burkina. Et c’est la preuve, parmi tant d’autres, que l’insurrection a contribué, quoi qu’on dise, à tirer la démocratie vers le haut au pays des Hommes intègres.

Avec de tels caméléons politiques, il n’est pas possible pour l’opposition de mettre en place un accord politique sérieux

Sous Blaise Compaoré, même unie, l’opposition ne pouvait pas caresser l’espoir d’envisager l’alternance par les urnes,  tant le système avait mis en place des institutions dont la vocation première était de garantir la pérennité du régime.  Aujourd’hui donc, tout est possible et l’opposition pense pouvoir réaliser l’alternance en 2020, en allant aux élections couplées de novembre prochain, de façon unie. Mieux, elle compte associer à sa démarche de conquête du pouvoir, toutes les forces de progrès et d’alternance qui veulent que « notre pays tourne définitivement la page du règne du MPP », pour reprendre ses termes. Dans l’hypothèse où l’opposition arriverait à traduire dans les faits ce scénario avec succès, sauf oubli ou omission de notre part, cela ferait date dans l’histoire politique du Burkina. Une initiative de ce genre avait été tentée sous Lamizana. Résultat, Macaire Ouédraogo avait réussi l’exploit de mettre en ballotage le général. Au second tour, le parti de Ki-Zerbo, alors membre de l’opposition, avait fait le choix de ne pas soutenir l’opposant Macaire Ouédraogo. Résultat : Lamizana a conservé son pouvoir. Une autre expérience qui a également tourné court est celle de l’Opposition burkinabè unie (OBU). Tous ces rappels et l’on en oublie, illustrent bien la difficulté pour l’opposition burkinabè de s’unir pour se donner plus de chances de battre dans les urnes le parti au pouvoir. Et le problème peut s’expliquer comme suit. D’abord, au Burkina, chaque homme politique préfère être tête de rat que queue d’éléphant. Et cette maladie est pratiquement incurable puisqu’elle est devenue chronique. L’on peut même se demander si cette pathologie n’est pas inscrite dans ses gênes. L’autre raison est que bien des acteurs politiques sont venus dans le domaine non pas pour apporter leur pierre à la réalisation de l’intérêt général, mais pour des motivations bassement matérielles. De telles personnes sont prêtes à vendre leur âme au diable pour préserver leurs intérêts. De ce fait, elles ne se sentent liées par aucun engagement. Aujourd’hui, elles sont rouges. Demain, elles virent au noir. Avec de tels caméléons politiques, il n’est pas possible pour l’opposition de mettre en place un accord politique sérieux. En tout cas, on attend de voir pour croire car, en plus des raisons invoquées plus haut, qui rendent pratiquement impossible l’unité de l’opposition, il y a également que le parti au pouvoir fera tout pour que l’accord politique projeté fasse pschitt. Et cela, politiquement, est de bonne guerre.

Sidzabda


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