La chronique du fou

REPORT DES ELECTIONS MUNICIPALES

Pouvait-il en être autrement ?

Le Conseil des ministres, en sa séance du 3 mars dernier, a annoncé le report des élections municipales d’un an, c’est-à-dire en mai 2022. La raison principale invoquée est d’ordre sécuritaire puisque nombreuses sont les communes qui sont considérées comme des zones rouges parce que contrôlées par des groupes armés. Je ne voyais d’ailleurs pas comment l’on pouvait organiser des élections dans ces endroits-là où les groupes armés font la pluie et le beau temps et ce, après avoir réussi la prouesse de fermer toutes les écoles et brûlé tous les symboles de l’Etat. C’est le cas dans certaines communes à l’Est comme au Sahel où les populations vivent la peur au ventre. Voyez-vous ? Les autorités ont donc vu juste en reportant les élections dont l’organisation, dans les conditions actuelles, pouvaient donner lieu à un bain de sang. Je touche du bois. Je me rappelle d’ailleurs que le président de l’Assemblée nationale, Bala Sakandé, avait eu le nez creux lorsqu’à l’issue d’une tournée dans certaines régions du pays, il avait proposé que les législatives soient découplées de la présidentielle pour finalement être organisées simultanément avec les municipales et ce, à l’issue d’un an. Malheureusement, il avait été incompris. Tant et si bien que certains n’avaient pas hésité à voler dans ses plumes et cela sans s’être donné même la peine de chercher à comprendre le bien-fondé de sa proposition. Finalement, l’histoire lui donne raison avec la décision prise par le gouvernement, de reporter les municipales d’un an. Donc, tous ceux qui étaient pressés de voir renouvelés leurs exécutifs locaux respectifs, doivent prendre leur mal en patience. Les conditions sécuritaires actuelles ne le permettent pas.

 

 

Il faut tout faire pour éviter un éventuel nouveau report

 

 

C’est le lieu donc d’en appeler à la responsabilité des gouvernants qui doivent mettre un point d’honneur à reprendre le contrôle des zones sous coupe réglée des terroristes. Car, il ne faudra pas qu’au bout d’un an, l’on se retrouve encore en train de reporter une fois de plus, le renouvellement des exécutifs locaux sous peine de violation des textes  en vigueur. En  tout cas, il faut tout faire pour éviter un éventuel nouveau report qui ne ferait que consacrer la victoire des terroristes. Et pour y parvenir, il faudra que les Forces de défense et de sécurité (FDS) à qui je rends au passage, un vibrant hommage, reprennent possession des zones dites rouges. Je sais que la tâche est périlleuse au regard des méthodes perfides dont usent les groupes armés. Mais elle mérite d’être conduite pour voler au secours de certaines populations qui souffrent le martyre. Je le dis parce que je connais des zones où les populations, sous la contrainte, ont abandonné leurs habitudes pour vivre finalement sous la férule des bandes armées qui, on ne sait au nom de quelle idéologie, ont interdit le football, la vente d’alcool, l’élevage du porc, le travail des femmes, l’utilisation de certains animaux (l’âne et le bœuf) dans les travaux champêtres, etc. Voyez-vous ? Il y a péril en la demeure ; d’où la nécessité de reconquérir l’intégrité de notre territoire. Cela dit, pour revenir aux élections municipales, je tire mon chapeau aux autorités qui ont opté pour un report en lieu et place de la mise en place de délégations spéciales. Je le dis parce que je n’aime pas les délégations spéciales qui, à mon avis, manquent de légitimité. Et comme pour ne rien arranger, celles-ci, sous la Transition, se sont illustrées de la pire des manières dans la gestion des deniers publics.

 

« Le Fou »

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