HomeA la uneRESURGENCE D’EBOLA :  De la nécessité d’une mobilisation mondiale

RESURGENCE D’EBOLA :  De la nécessité d’une mobilisation mondiale


Depuis quelque temps, la fièvre hémorragique Ebola est de retour en République démocratique du Congo (RDC) sous la forme d’un nouveau variant qui donne des insomnies aux autorités sanitaires, au regard de son ampleur et de sa vitesse de propagation. Plus de cent morts ont déjà été enregistrés pour des cas de contamination qui dépassent déjà le demi-millier, selon les autorités congolaises. Une nouvelle souche qui n’a, pour l’instant, aucun traitement spécifique validé, encore moins de vaccin. Et qui a déjà dépassé les frontières de la RDC pour toucher l’Ouganda voisine où des cas confirmés et même de décès ont été signalés.

 

La nécessité de rester prudent et vigilant

 

Un signal d’alarme qui a de quoi sonner d’autant plus la mobilisation au niveau mondial que l’expérience traumatisante du Covid-19 qui avait commencé comme une épidémie localisée avant de devenir la pandémie qui a contraint le monde au confinement que l’on a connu, est encore fraîche dans les mémoires. Toujours est-il qu’un ressortissant américain a pu être contaminé en RDC où il était en mission dans le cadre de son travail. Alors, rien ne dit que cette maladie à forte mortalité, qui ne connaît pas de frontières et qui peut se contracter par simple contact avec d’autres personnes, n’a pas déjà atteint des proportions plus importantes, voire des contrées encore insoupçonnées. C’est dire si, quelque part, il y a véritablement péril en la demeure. C’est dire aussi la nécessité de rester prudent et vigilant, face à la menace qui peut venir de partout. Surtout à quelques semaines de la Coupe du monde de football 2026 conjointement organisée par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, et qui débute le 11 juin prochain. Déjà, les autorités américaines ont pris les devants en renforçant les contrôles sanitaires pour les voyageurs en provenance des pays africains touchés par la propagation du virus. Des mesures d’urgence et de précautions qui s’étendent aussi bien à la RDC et à l’Ouganda qu’au Soudan du Sud voisin. Et qui incluent des restrictions temporaires d’attributions de visas dans les pays concernés. Une situation qui n’est pas loin d’apporter de l’eau au moulin de l’iconoclaste président américain, Donald Trump, qui avait déjà pris des mesures de durcissement des conditions d’entrée aux Etats-Unis pour la Coupe du monde. Même si, parallèlement, l’Etat américain a débloqué une aide d’urgence de treize millions de dollars, pour faire face à la menace de la maladie. De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré l’épidémie d’Ebola qui sévit en RDC, comme une urgence sanitaire internationale. Preuve, si besoin en est, que la situation reste éminemment préoccupante au plus haut sommet de l’institution mondiale sanitaire. Même si, pour le moment, on ne parle pas encore de pandémie. Toujours est-il qu’à l’allure où vont les choses, on peut nourrir des craintes. D’autant plus qu’au delà du manque de vaccin et de traitement spécifique approprié, les mesures visant à endiguer la propagation du virus, reposent seulement sur le respect des mesures barrières de protection et la détection rapide des cas pour limiter les contacts.

 

On croise les doigts pour qu’un vaccin puisse être trouvé le plus vite possible

 

C’est dire les risques élevés d’extension de la maladie ainsi que la nécessité d’organiser la riposte dans un cadre de concertation global et élargi. En attendant, les conséquences de cette épidémie se font déjà sentir en RDC et au Rwanda voisin où l’activité économique, de part et d’autre de la frontière commune, est fortement impactée en raison des mesures de restrictions prises par les autorités sanitaires des deux pays. Une situation économique tendue, qui vient en rajouter au calvaire des populations qui vivent le martyre de conflits armés persistants dans cette région des Grands Lacs. Des populations qui risquent aussi de voir leurs conditions de vie se dégrader davantage et leur sort empirer si, à la crise sécuritaire et humanitaire qui a fini de dérégler leur quotidien, doit se greffer une crise sanitaire d’ampleur. A une autre échelle, on peut craindre que si la maladie n’est pas vite maîtrisée, elle n’ait un impact beaucoup plus important sur les économies déjà fragiles des pays concernés en accroissant leur dépendance vis-à-vis de l’aide internationale. Pour le reste, il appartient à la communauté scientifique de se secouer. Et on croise les doigts pour qu’un vaccin puisse être trouvé le plus vite possible, au plus grand soulagement de tous.

 

 « Le Pays »


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