RESURGENCE D’EBOLA. : L’Afrique retient son souffle
Chaque fois qu’on le croit enrayé, le mal, à la surprise générale, renaît de ses cendres. Il en est toujours ainsi depuis sa découverte en 1976. Le virus Ebola, puisque c’est de lui qu’il s’agit, refait surface, provoquant un branle-bas mondial. Encore une fois, c’est en République démocratique du Congo (RDC), d’où il tire sa source, que de nouveaux cas ont été signalés avec à la clé plusieurs cadavres laissés sur le carreau. Et prenant toute la mesure de la situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit de son deuxième niveau d’alerte le plus élevé face à l’épidémie d’Ebola qui frappe de plein fouet la RDC. Vous avez bien compris.
La nécessité pour tous les pays, notamment africains, de disposer de plans de riposte
Alors même que la RDC n’a pas encore fini avec ses spasmes sociopolitiques sur fond de crise sécuritaire sans précédent, le pays fait désormais face à une très grave épidémie qui tue et ravage tout sur son passage. Entre 2018 et 2020, le pays de Félix Tshisékédi avait payé un lourd tribut face à Ebola qui avait coûté la vie à près de 2 300 personnes. C’est dire donc s’il y a urgence à agir pendant qu’il est encore temps. Car, plus tard, ce serait trop tard, surtout quand on sait qu’Ebola se propage aussi rapidement que l’air. C’est en cela qu’il faut saluer la prompte réaction de l’OMS qui, sans plus attendre, et dans le souci de circonscrire le mal, a dépêché des experts en épidémiologie en RDC. Cela permettra, on l’espère, de renforcer la riposte en première ligne dans un pays comme la RDC qui semble dépassée par les évènements. En tout cas, l’Afrique, comme on le sait, retient son souffle ; elle dont les mécanismes de prévention demeurent, pour le moins, fragiles. Le mieux, en pareille circonstance, c’est de prendre les devants en adoptant des mesures hardies à même de briser la chaîne de contamination d’Ebola, connu pour être un mal qui répand la terreur. Le péril est d’autant plus grand qu’Ebola signe son retour au moment où une autre épidémie se signale. Il s’agit d’hantavirus qui, à son actif, a déjà fait plusieurs victimes à travers le monde. Bien des pays africains étaient en train de se préparer à faire face à cette zoonose. Et voilà qu’Ebola vient rebattre toutes les cartes. D’où la nécessité pour tous les pays, notamment africains, de disposer de plans de riposte à même de faire face à toute situation. Il ne faut surtout pas réagir au cas par cas. Car, les épidémies sont ainsi faites qu’elles ne préviennent pas. Elles peuvent surgir n’importe où et à n’importe quel moment. Cela dit, l’urgence, pour le moment, est de voler au secours de la RDC que l’on sait pauvre de ses malheurs et riche de ses ressources naturelles. Face à l’alerte, il y a urgence à agir. Il y va de l’intérêt de tous, ce d’autant que la souche qui sévit actuellement, résiste aux différents types de vaccins qui ont été mis au point. Ebola ressurgit dans un contexte de guerre, avec son lot de déplacés potentiellement dangereux pour les pays voisins, notamment l’Ouganda où un cas a déjà été signalé. Le mal doit être vite circonscrit. C’est dire si, dans le même temps, c’est un nouveau défi qui vient d’être lancé à la communauté scientifique qui doit mettre un point d’honneur à trouver un remède durable à Ebola.
Il n’est pas exclu que Donald Trump change son fusil d’épaule en volant au secours de Tshisékéki
Mais la seule volonté ne suffit pas si les financements ne suivent pas. Or, les financements, on le sait, posent problème depuis que les Etats-Unis de Donald Trump, en tant que gros contributeur financier, ont décidé de se retirer de l’OMS. C’est la Chine qui fait du mieux qu’elle peut, pour permettre à l’institution sanitaire internationale de tenir le coup. Toutefois, la RDC disposant de terres rares très convoitées par les Etats-Unis, il n’est pas exclu que Donald Trump change son fusil d’épaule en volant au secours de son homologue Félix Tshisékéki à la peine.
« Le Pays »
