CRISE COMMUNAUTAIRE DE YIRGOU : Bientôt un site pour accueillir les populations en fuite

CRISE COMMUNAUTAIRE DE YIRGOU :  Bientôt un site pour accueillir les populations en fuite

Une forte délégation des autorités du Centre-Nord avec à sa tête Nandy Somé/Diallo, gouverneur de la région du Centre-Nord, a effectué un déplacement à Barsalogho suite aux événements meurtriers après l’attaque terroriste de Yirgou les 31 décembre 2018 et 1er janvier 2019. C’était dans l’après-midi du vendredi 4 janvier 2019. Objectif : apporter un réconfort moral à tous les acteurs et annoncer les mesures d’urgence prises pour la prise en charge des personnes victimes de représailles.

Les événements de Yirgou ont suscité de nombreuses réactions tant nationales qu’internationales. En effet, après l’attaque terroriste du 31 décembre 2018 au 1er janvier dernier, le bilan des victimes de représailles ne fait que grimper. C’est le vendredi 4 janvier 2019 que le gouvernement a annoncé un bilan de 46 morts pendant que les investigations se poursuivent toujours sur le terrain, notamment à Dablo, Kelbo et bien sûr dans la commune de Barsalogho. Ainsi, après trois jours de violences meurtrières, une délégation régionale composée de Mme le gouverneur du Centre-Nord, Nandy Somé/Diallo et de ses plus proches collaborateurs dont le président du Conseil régional du Centre-Nord, Adama Sawadogo, le directeur régional en charge des droits humains et celui de la femme et de la solidarité nationale, la hiérarchie militaire et bien entendu la presse, est allée rencontrer les populations de Barsalogho et environnants. C’était le vendredi 4 janvier dans l’après-midi. Les deux communautés, peule et moaga, religieux et chefs coutumiers ainsi que les groupes d’auto-défense Koglwéogo étaient réunis pour écouter le message des autorités régionales. Une minute de silence a été observée à la mémoire des victimes de Yirgou et environnants. Le maire de la commune de Barsalogho, Abdoulaye Pafadnam, a d’abord souhaité la bienvenue à la délégation. C’est après lui que Nandy Somé/Diallo, gouverneur du Centre-Nord, a situé l’objet de son déplacement à Yirgou: « Il était de notre devoir de venir d’abord encourager les autorités locales, inviter la population à la retenue, à la culture de la tolérance, au bon vivre-ensemble, mais également annoncer les mesures d’urgence que nous allons entreprendre pour ramener la sérénité dans cette localité. » Elle a demandé une implication du ministère de la Femme, de la famille et de la solidarité nationale en termes de vivres et de non vivres pour que le site soit fonctionnel.

« Les mesures d’urgence permettront de ramener la sérénité»

En la matière, Mme le gouverneur a estimé que du fait des répercussions que cette situation va certainement entraîner, il faut d’abord essayer de regrouper les gens en un seul lieu. « Nous envisageons créer un camp pour les familles vulnérables en détresse au niveau du chef-lieu qui est Barsalogho.  C’est un message d’apaisement que nous avons à vous transmettre », a lancé Nandy Somé/Diallo aux populations. Pour le maire de Barsalogho, Abdoulaye Pafadnam, cette rencontre vient à point nommé car, elle est un réconfort pour la population. Il a profité lancer un appel non seulement à la population de Barsalogho et environnants de s’engager vivement pour que de tels actes ne se reproduisent plus jamais mais aussi à la communauté internationale et aux bonnes volontés de réagir promptement avec de l’aide pour ces femmes et enfants qui sont affectés par ces violences et qui sont sans abris. En outre, compte tenu de la délicatesse de la situation, les participants n’ont pas eu droit à la parole dans la salle. Mais qu’à cela ne tienne, nous avons tenu à arracher quelques mots à un habitant du secteur 4 de Barsalogho, Issaka Diandé, qui a exprimé son sentiment de soulagement mais aussi de tristesse suite aux représailles qui ont eu lieu entre les deux communautés. Il a souligné que son fils a échappé de justesse à ces violences. Il a remercié Dieu d’avoir assisté à cette rencontre, combien capitale pour l’apaisement. Quant au commandant de la gendarmerie de Kaya, le Lieutenant-colonel Hubert Poda, la population peut vaquer à ses occupations sans crainte car la sécurité des populations est déjà assurée. Pour lui, depuis le début des événements, un grand renfort est arrivé aussi bien du côté de la police que de la gendarmerie et de l’armée. Mme le gouverneur et la hiérarchie militaire ont lancé le même appel: « restez soudés, unis, car tous sont des Burkinabè et n’ont qu’un seul ennemi, le terrorisme. » comme l’a dit Zéi Sinari, directeur régional de la police du Centre-Nord. A noter que le président du Faso s’est rendu sur les lieux le 5 janvier 2019, pour témoigner la compassion de l’Etat aux parents des victimes et annoncer les mesures qui seront prises pour situer les responsabilités (voir encadré).

Madi OUEDRAOGO (Correspondant)

Le chef de l’Etat appelle à l’unité nationale

Mes chers compatriotes,

L’attaque terroriste et les violences meurtrières qui s’en sont suivies, occasionnant la perte de nombreux de nos compatriotes à Yirgou et dans des villages voisins situés dans les communes de Arbinda et de Barsalogho, ont été vécues avec tristesse et consternation par la Nation entière.
Je condamne avec la dernière énergie ces tueries qui surviennent dans un contexte sécuritaire marqué par les attaques récurrentes de forces obscurantistes qui endeuillent nos paisibles populations et nos vaillantes Forces de défense et de sécurité (FDS). Ce qui vient de se produire est grave et inacceptable. Rien, absolument rien ne devrait justifier que des compatriotes qui ont toujours vécu en parfaite harmonie, en arrivent à s’affronter au point de provoquer autant de violences meurtrières et de désolation. C’est une situation indigne de nos ancêtres, de notre peuple et de l’héritage que nous voulons léguer à nos enfants. Il y a quelques jours, dans mon message de fin d’année, j’appelais à la solidarité autour de nos Forces de défense et de sécurité pour bouter hors de notre territoire les forces du mal qui ont décidé de s’en prendre aux fondements de notre vivre-ensemble. Notre histoire nous enseigne que de tous les temps, notre peuple s’est toujours illustré par sa capacité à surmonter ses contradictions. J’ai voulu, en me rendant à Yirgou ce matin, rendre hommage aux morts et traduire le soutien de la Nation entière à toutes les familles et aux populations meurtries par ces actes infâmes. Aucune colère, aucune frustration, aucune raison ne doit justifier la barbarie que nous avons connue. Les enquêtes en cours doivent nous permettre de situer toutes les responsabilités et d’en tirer les conséquences au plan judiciaire. J’en appelle donc au raffermissement de nos liens séculaires de solidarité et d’unité dans la diversité. J’invite les responsables administratifs, politiques, religieux et coutumiers des localités concernées en particulier et ceux du Burkina Faso en général à poursuivre leurs efforts en vue de consolider le vivre-ensemble et d’exorciser notre pays de l’esprit de division.
Contre les discours de division, faisons le choix de la tolérance et de la consolidation de notre fraternité pour poursuivre la construction d’une démocratie apaisée. C’est fort de cette certitude que j’ai l’intime conviction qu’en renouant avec les valeurs qui cimentent notre communauté de destin, ensemble, nous pourrons faire preuve de dépassement pour engager notre pays dans l’unité de ses filles et fils pour combattre efficacement le terrorisme.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso !

Roch Marc Christian KABORE
Président du Faso

 

Vu et entendu

Il était 16H 30 lorsque nous quittions la salle de conférence de la mairie de Barsalogho. Après le message d’apaisement et les mesures d’urgence livrés aux populations, Mme Nandy Somé/Diallo est passée encourager les Forces de défense et de sécurité de Barsalogho. Le cap est mis d’abord au commissariat avant de faire une escale à la brigade de gendarmerie. Dans les deux services, le message est le même : galvaniser les troupes et leur faire le point de la rencontre. L’occasion faisant le larron, des doléances ont été exposées. La triste réalité est là. Le commissaire de police de Barsalogho, Ousmane Konadima, a lancé un cri de cœur. Pour la sécurisation de Dablo, Foubé jusqu’à Yirgou, c’est la seule unité de Barsalogho qui s’en charge. Il a donc demandé plus d’hommes. Cela permettra, à son avis, d’être plus efficace. Sans oublier l’absence de moyens matériels tels que l’armement, les moyens roulants : le commissariat ne dispose que d’une seule moto de patrouille, pas de véhicule. Et surtout l’accompagnement en matière de restauration pose véritablement problème car, ils sont contraints de faire les missions à jeun. « Voyez-vous, comment peut-on être efficace dans cette situation »? Cela a touché les autorités qui étaient obligées, séance tenante, de mettre la main à la poche.

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