DECES DE HAMA ARBA DIALLO:Une nouvelle qui a provoqué une onde de choc

DECES DE HAMA ARBA DIALLO:Une nouvelle qui a provoqué une onde de choc

C’est avec un grand étonnement et une grande tristesse que les Burkinabè ont appris le décès du député- maire de la commune urbaine de Dori, Hama Arba Diallo (HAD), président du PDS/ METBA. Décès survenu dans la matinée du mercredi 1er octobre 2014, des suites d’une courte maladie, à la clinique du Centre. Dans la famille du défunt où nous nous sommes rendus, l’émotion était à son comble. Parents, amis, camarades et adversaires politiques ont massivement fait le déplacement pour présenter leurs condoléances les plus attristées à la famille éplorée. Pour Me Bénéwendé Sankara, président de l’UNIR/PS, la seule façon de pleurer la mort de Arba Diallo, c’est de prendre l’engagement de faire comme lui.

Hier matin très tôt, aux environs de 5h du matin, nous avons reçu un message avec le contenu suivant : « Arba Diallo est décédé ». Très surpris par cette triste nouvelle, nous avons répondu à notre interlocuteur que ce devait être une rumeur. Un 2e message reçu quelques minutes plus tard, d’une autre personne avec le même contenu, nous emmène à vérifier l’information auprès d’un député. Nous attendant à ce qu’il nous dise que ce n’était qu’une rumeur, ce député nous confirme qu’effectivement Hama Arba Diallo est décédé et que le corps est à la morgue. N’étant toujours pas convaincus, nous nous sommes rendus au domicile du député-maire de Dori sis à Dapoya. Là, nous avons effectivement constaté que l’auteur du carton rouge brandi au président Blaise Compaoré lors du meeting du 31 mai dernier, a tiré définitivement sa révérence. Tout comme nous, ils sont nombreux, les Burkinabè qui ont eu du mal à croire à la disparition de HAD ; lui qui était de la délégation de l’opposition politique qui a rencontré le président Blaise Compaoré, le 23 septembre dernier. Mais que s’est-il passé pour que Arba Diallo quitte brusquement ce monde ? De quoi est-il décédé ? Telles sont les questions qui taraudent l’esprit de toute personne qui vient d’apprendre la triste nouvelle.

Les médecins lui avaient donné l’autorisation de sortir de la clinique

« C’est le dimanche 28 septembre qu’il a été admis à la clinique du Centre, suite à une crise de palu née d’une fatigue générale. Il a reçu les soins nécessaires et apparemment, il était presque guéri. Nous avons passé tout le temps à plaisanter à la clinique. Comme il aime si bien le faire, il nous taquinait avec ses petites histoires drôles. Les médecins lui avaient même donné l’autorisation de sortir et nous attendions le 1er octobre pour regagner la maison. Et c’est aux environs de 21h, dans la nuit du mardi 30 septembre au mercredi 1er octobre qu’il a eu des complications cardiaques qui l’ont finalement emporté aux environs de 1h du matin », a expliqué un proche de la famille du défunt. « C’est incroyable, le vieux ne peut pas partir comme ça. Dites- moi que ce n’est pas vrai », avait du mal à croire un membre de la famille qui confie que le Premier ministre Luc Adolphe Tiao était au chevet du défunt le 30 septembre et qu’ils ont bien bavardé et rigolé ensemble. Le comble, poursuit –il, « c’est que Arba Diallo est décédé en l’absence de sa femme qui est allée au Canada rendre visite au mari de sa fille qui est malade ». Ayant appris la nouvelle, ils étaient nombreux les membres de la classe politique à se rendre dans la famille éplorée pour témoigner leur soutien et présenter leurs condoléances les plus attristées. Me Bénéwendé Sankara, Simon Compaoré, Etienne Traoré, Mamadou Dicko, ont tous déploré la mort de celui qui est arrivé 2e à l’élection présidentielle de 2010, derrière le président Blaise Compaoré. « C’est une énorme perte, il est pratiquement irremplaçable de par son expérience et ses relations qui nous étaient utiles », s’est exprimé Etienne Traoré qui confie que Arba Diallo était un homme qui travaillait pour les autres, sans relâche. « La dernière fois qu’il m’a dit qu’il était satisfait, c’est lorsqu’il a obtenu un projet de plusieurs centaines de millions pour Dori, sa commune. Il a tenu à aller là-bas et en 2 jours, il a dû faire le trajet Ouagadougou-Dori plusieurs fois. C’est certainement ce qui l’a rendu malade », soupire Etienne Traoré. Pour Me Bénéwendé Sankara, la seule façon de pleurer la mort de Arba Diallo, c’est de prendre l’engagement de faire comme lui. « Nous devons suivre son exemple et aller de l’avant. Lorsqu’un combattant tombe, vous devez récupérer ses armes et continuer le combat. C’est ce que nous allons faire », a affirmé Me Bénéwendé Sankara. Hama Arba Diallo est donc parti à l’âge de 75 ans, laissant derrière lui une riche carrière politique et diplomatique. La levée du corps est prévue pour ce vendredi 3 octobre, suivie de l’inhumation à Selbo, son village natal situé dans la commune de Dori, le même jour à 14h. Pour l’intégralité des propos des hommes politiques, voir encadré. Retrouvez également le programme des obsèques ainsi que le curriculum vitae du défunt en encadré.

Yannick SANKARA et Thierry SOU

 

 

 

 

Le témoignage d’hommes politiques

Ibrahima Koné, président du groupe parlementaire ADJ et SG du PDS/METBA

« Nous avons perdu un camarade sincère »

« Je connais très bien le camarade Hama Arba Diallo. Nous avons vécu et milité dans le même parti. Aujourd’hui est un jour de grande tristesse pour nous. Nous perdons un camarade sincère, un camarade de lutte, un camarade qui a tout abandonné pour tout donner à son pays. Partout où le travail de diplomate l’a appelé, il a excellé dans ses fonctions. Ici, au Burkina, en tant qu’acteur politique, il a toujours donné le meilleur de lui-même. J’étais à son chevet quelques heures avant son décès. C’est trop dire qu’il était malade. Il a été admis à la clinique pour une fatigue généralisée. Quand il a été admis à la clinique, il m’a appelé pour m’informer tout en me disant de ne pas m’inquiéter car c’était pour une fatigue généralisée. Et le médecin était prêt à le libérer, quand il a été pris de malaises aux environs de 21 heures. »

Pr Mamoudou Dicko, député CDP

« Il avait beaucoup d’ambitions pour la ville de Dori »

« Nous venons de perdre un grand homme, un maire, un député, un ambassadeur hors pair ; un homme social et sociable, soucieux de l’avenir du Burkina. Je peux le témoigner, c’était l’un des meilleurs maires, car il a pu travailler avec toutes les composantes sociales et politiques pour le développement de la ville. C’était un adversaire politique avec lequel nous avons eu une adversité intelligente sans animosité. Il n’y a pas eu d’inimitié entre nous et nous l’avons particulièrement soutenu en tant que maire. Nous déplorons son décès. Il avait beaucoup d’ambitions pour la ville de Dori et c’est grâce à son carnet d’adresses que beaucoup de choses ont été réalisées. Maintenant que nous l’avons perdu, c’est à nous de poursuivre ses œuvres, ce qui n’est pas évident pour l’instant. »

Cheick Doucouré

«  C’est quelqu’un qui a servi son pays, sa société et sa communauté »

« En tant que religieux, je demande à ses amis et parents d’accepter la volonté de Dieu. C’est la loi de la vie, là où il y a la vie, il y a la mort aussi. Nous allons continuer à prier pour lui, pour nos parents et amis qui nous ont devancés dans l’au-delà. C’est une tristesse car c’est quelqu’un qui a servi son pays, sa société et sa communauté. On peut dire que c’est tout le Burkina qui est triste car tous les Burkinabè sont touchés par cette triste nouvelle. Mais comme je le disais, l’être humain qui est en vie ne peut rien faire pour un mort si ce n’est prier pour lui. Nous prions le Bon Dieu pour que la terre soit légère à son âme, qu’il lui pardonne ses péchés et qu’il veille sur ses enfants. »

Etienne Traoré, premier vice-président du PDS/Metba

« C’est l’un des maires qui a le mieux fait »

« C’est une énorme perte, il est pratiquement irremplaçable de par son expérience et ses relations qui nous étaient utiles. Le vide est là et il faut trouver les moyens de lui survivre en tant qu’organisation politique. Il faut qu’on continue de défendre les idéaux pour lesquels il se battait. Il est parti à un moment où on avait beaucoup besoin de lui. Pour le dialogue politique en cours avec la majorité, il était une personne d’expérience sur qui nous comptions. Il faut maintenant qu’on se débrouille. Il fut un progressiste conséquent qui a toujours défendu des idéaux de justice. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelait Ho Chi Minh. C’était un militant de gauche convaincu et il l’a été jusqu’au bout. Il était aussi modeste, sinon humble. Ce n’est pas un homme qui se pavanait, il aimait faire les choses de façon discrète. C’était aussi un grand travailleur. Quand vous allez à Dori, vous verrez que c’est l’un des maires qui a le mieux fait. Il a fait de Dori une véritable ville. »

Me Bénéwendé Sankara, président de l’UNIR/PS

« C’est une perte qu’on ne peut combler »

« On était avec l’homme, on est resté avec lui parce qu’engagé dans le compte de l’Opposition politique dans le dialogue avec la majorité. L’homme n’avait pas de signes apparents de maladie. Il faisait chaque fois la navette entre Dori et Ouagadougou. Nous avons fait les journées parlementaires ensemble, il était là. Pour nous, il a eu de la fatigue et on l’a admis dans une clinique. Mais pour nous, c’était pour ressortir et nous rejoindre. C’est de façon inattendue que nous avons appris au petit matin le décès brutal et prématuré du député-maire Hama Arba Diallo. C’est pour vous dire toute la tristesse que l’Opposition politique vit aujourd’hui. C’est une véritable pierre angulaire de toute la construction démocratique de ce pays qui vient d’être emportée, à un moment où nous avons plus que jamais besoin de son expérience, de son humour, de sa ténacité, de son engagement. C’est une perte qu’on ne peut combler. Mais il a eu le temps de nous apprendre ce qu’est le combat, il a eu le temps de nous inscrire à son école. Pour nous, la seule façon de pleurer la mort de Hama Arba Diallo, c’est prendre l’engagement de faire comme lui, suivre son exemple et aller de l’avant. Quand un combattant tombe, vous récupérez ses armes et vous continuez. C’est ce sentiment qui nous anime au sein de l’Opposition, particulièrement à l’UNIR/PS. »

Simon Compaoré, 2e vice-président du MPP

« On ne peut que souhaiter qu’il repose en paix pour tout ce qu’il a fait »

« En plus du fait qu’il a assumé de hautes fonctions au niveau de la République, il a été aussi maire. Et en sa qualité de maire, nous avons beaucoup échangé et je sais que nous nous apprécions mutuellement et nous l’appelons affectueusement le doyen. Et à 75 ans, c’est vraiment le doyen. Par rapport à sa lucidité et à sa sagesse, bien qu’il soit de l’opposition et moi du parti au pouvoir à l’époque, on échangeait beaucoup. Il avait la sagesse d’apprécier objectivement et de dire clairement les choses. Je crois qu’on perd un sage, un grand pilier de la vie politique, diplomatique et aussi quelqu’un qui a su apporter un plus à Dori, par sa gestion communale. On ne peut que pleurer sa disparition. Pour tout ce qu’il a fait, on ne peut que souhaiter qu’il repose en paix et bénéficier des œuvres utiles qu’il a eu à laisser sur cette terre. »

Propos recueillis par Y.S et T.S

Programme des obsèques

Mercredi 1er octobre : Veillée de prières (lecture de Coran)

- 20h 00 mn, lecture de Coran au domicile du défunt à Dapoya ;

* Jeudi 02 octobre : Veillée d’hommages et de témoignages

- 21h 00mn, Passage et Hommage du PDS/Metba ;

- 21h 10mn, Passage et Hommage de l’Association des   Municipalités ;

- 21h 20mn, Passage et Hommage des membres du Gouvernement ;

- 21h 30mn, Passage des présidents d’Institutions nationales et internationales ;

- 21h 40mn, Passage et Hommage du Chef de File de l’Opposition Politique ;

- 21h 50mn, Passage des Partis politiques et de la Société civile ;

- 22h 00mn, Passage et Hommage d’autres personnalités ;

- 22h 10mn, Passage et Hommage de la Population ;

Vendredi 03 octobre,

- 07h 00mn, Cérémonie d’hommages au domicile du Défunt à Dapoya ;

- 07h 45mn, Départ pour Dori ;

- 12h 00mn, Cérémonie d’hommages à la mairie de Dori ;

- 13h 15mn, Prière mortuaire à la Grande mosquée de Dori;

- 14h 00 mn, Enterrement à Selbo, dans la commune de Dori.

UNION DE PRIERES !

Biographie de Hama Arba Diallo (HAD)

Né le 23 mars 1939 à Dori, HAD a grandi auprès de plusieurs frères et sœurs. Son père Aldiogo, agent de l’administration coloniale, était l’un des militants les plus actifs pour la reconstitution de la Haute- Volta qui fut partagée à l’époque entre le Niger, le Mali et la Côte d’Ivoire. Lutte payante. HAD a lui aussi suivi les traces de son père. HAD fréquente le Lycée Ouezzin Coulibaly (LOC) de Bobo-Dioulasso, avec, entre autres camarades, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire. Il a décroché son baccalauréat au lycée Philippe Zinda Kaboré de Ouagadougou en 1962. Après le BAC, il se rend aux USA pour des études supérieures au Bluffton University. En 1967, il est admis au prestigieux Columbia University de New York. En 1969-1970, il est pensionnaire de l’Institut des hautes études internationales à Genève en Suisse. Là, HAD était déjà engagé dans la diplomatie. En 1966 à 1969, il fut l’ambassadeur de la Haute- Volta aux USA. De 1975 à 1979, il est ambassadeur au Nigéria. De 1987 à 1989, il est le représentant du Burkina en Chine. De 1970 à 1975, HAD fut directeur de la Coopération internationale auprès du ministère des Affaires étrangères. Il occupera ce ministère de 1983 à 1984. Pendant longtemps, il a été impliqué dans le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). De 1979 à 1983, il est directeur du bureau soudano-sahélien des Nations unies à New York, sous la supervision du PNUD. Ce bureau supervisa l’implantation des programmes nationaux et régionaux contre la sécheresse et la désertification au Sahel. Lors de la préparation du sommet de Rio de Janeiro de 1992, HAD fut le représentant spécial du Secrétariat général des Nations unies pour la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement durable (CNUED). De 1993 à 2007, Arba Diallo fut le secrétaire exécutif de la convention des Nations unies de lutte contre la désertification avec rang de secrétaire général adjoint des Nations unies. Hama Arba Diallo était actuellement maire de Dori, cinquième vice-président de l’Assemblée nationale et président de l’Afrique de l’Ouest pour le Programme mondial pour l’eau.

Source : Net

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4 Commentaires

  1. ibrahima

    que ce grand homme repose en paix.mais au burkina on reconnait la valeur d un homme qu apres son deces et c est vraiment malheureux pour l avenir du pays.

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