NOUVELLES VIOLENCES MEURTRIERES EN EX-OUBANGUI CHARI : Faut-il désespérer de la RCA ?

NOUVELLES VIOLENCES MEURTRIERES EN EX-OUBANGUI CHARI : Faut-il désespérer de la RCA ?

Alors que l’on croyait enterrée la hache de guerre, les protagonistes de la crise centrafricaine ont encore décidé de faire parler la poudre. Si fait que Bangui la coquette est subitement devenue  Bangui la Kalach, où la mort se vend à moindre frais par les marchands de la violence, en l’occurrence les multiples groupes armés qui se disputent le contrôle du pays. L’émotion était d’ailleurs si vive que près de 15 000 personnes ont battu le pavé, hier, 11 avril 2018, du PK5 jusqu’au Quartier général (QG) de la MINUSCA pour exprimer leur colère suite aux affrontements de la veille entre les Casques bleus et des milices d’auto-défense autoproclamées. Dix-huit personnes dont un soldat onusien, ont trouvé la mort au cours de ces échanges de tirs qui ont aussi fait une cinquantaine de blessés. Il n’en fallait pas plus pour que les différents groupes armés disséminés à travers le territoire centrafricain, se dressent sur leurs ergots, allant jusqu’à rendre impraticable l’aéroport  de Bria, du nom de cette ville contrôlée par le Front populaire pour la renaissance en Centrafrique (FPRC). Et dire que toutes ces scènes de violences, pour le moins affreuses, se déroulent sous les yeux et à la barbe du commissaire Paix et sécurité de l’Union africaine (UA) et du chef  du département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, qui séjournent à Bangui depuis le 10 avril dernier. Auront-ils encore besoin de rapports circonstanciés de la part de leurs services techniques respectifs pour prendre toute la mesure du péril qui guette la RCA ? Assurément non, tant il est vrai que ce que l’œil voit, retient plus l’attention que le contenu d’un rapport qui, parfois, peut d’ailleurs se trouver biaisé.

La RCA a besoin d’une thérapie de cheval

En tout cas, comment ne pas désespérer de la RCA quand on sait que l’autorité de l’Etat, si elle existe encore, est en plein délitement, et que le pays  est sous la coupe réglée de bandes armées ? Franchement, le président Faustin Archange Touadéra est plus à plaindre qu’à envier ; lui qui, aujourd’hui, semble dépassé par les évènements. Or, on se rappelle encore, il n’y a pas longtemps, que le numéro 1 des Centrafricains avait fait le tour de certaines capitales africaines et européennes pour convaincre les investisseurs de venir  prospecter dans son pays, assurant que la paix et la stabilité y étaient de retour. La suite des évènements l’a-t-il fait mentir ? Bien malin qui pourra répondre à cette question, tant les faits parlent d’eux-mêmes. De toute évidence, la RCA a besoin d’une thérapie de cheval. Et le plus tôt serait le mieux, pour autant que la communauté internationale ne veuille pas se rendre complice  d’un massacre à grande échelle,  à l’instar  de ce qui est arrivé au Rwanda en 1994. Pourquoi ne pas mettre le pays sous tutelle onusienne, le temps de mettre au pas tous ces bandits qui, parce qu’ils portent une kalach en bandoulière, se croient tout permis au point de s’arroger le droit de vie et de mort sur les autres ? C’est à ce prix que l’on pourra  sauver l’ex-Oubangui Chari qui est déjà au bord du gouffre et qui, si l’on n’y prend garde,  pourrait, au fil des ans, devenir la destination privilégiée des djihadistes de tout poil.

B.O

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