INCENDIES DE MARCHES AU BURKINA : Une solution durable s’impose
Des incendies de marchés, notre pays en enregistre de plus en plus. En effet, pas plus tard que le 16 février dernier, un départ de feu a ravagé une partie du grand marché de Bobo. Le bilan fait état de sept boutiques parties en flammes. Il faut faire preuve d’empathie pour imaginer la douleur que ressentent les commerçants qui en ont été victimes. Car, ce sont des économies de toute une vie qui viennent ainsi d’être réduites en cendres. C’est tout simplement horrible ! En fait, l’incendie du grand marché de Bobo, vient en rappeler d’autres. On se rappelle, en effet, que le 30 novembre 2025, le marché de Paspanga avait pris feu. Plusieurs étals y avaient été ravagés. Peu avant, soit le 29 janvier 2023, c’est le marché de Sankar-Yaaré, toujours à Ouaga, qui avait été victime d’un violent incendie. Là, les conséquences sur le plan matériel, étaient très énormes. On peut multiplier les exemples. S’il est vrai que les causes, d’un incendie à l’autre, varient, il y a cependant une réalité à relever. La plupart de nos marchés sont dépassés. Ils ne répondent plus aux normes. Parfois, il y règne un désordre et une pagaille indescriptibles qui ne donnent aucune envie d’y faire un tour. En fait, on se demande parfois si les occupants eux-mêmes se préoccupent de leur cadre de travail ; tant on y voit parfois disséminés des tas d’immondices. On peut même dire que bien de nos marchés, selon toute vraisemblance, ont été conçus sans aucune planification, si fait qu’ils se sont sauvagement étendus. En témoignent, par endroits, l’étroitesse des allées et l’entreposage par certains, de produits dangereux ou inflammables. Et ce n’est pas tout.
Nos marchés et yaars sont devenus de véritables poudrières
On constate aussi des installations électriques anarchiques qui, à la moindre inattention, peuvent provoquer une véritable déflagration. On oublie volontiers l’incurie dont font montre certains fumeurs qui prennent du plaisir à jeter n’importe où et n’importe comment, leurs mégots de cigarettes. Tout cela fait que nos marchés et yaars sont devenus de véritables poudrières. Que faire alors face à une telle situation ? Il revient aux uns et aux autres, notamment aux commerçants, de faire montre d’une prise de conscience individuelle et collective. Etant donné qu’ils sont les premières victimes, ils doivent éviter tout comportement irresponsable de nature à provoquer une situation dramatique. Cela passe aussi par la dénonciation, s’il le faut, de tout fait ou geste suspect. Cela est d’autant plus nécessaire que bien des commerçants, il faut le dire, se rendent souvent complices de certaines dérives et cela, parce qu’ils font le choix de laisser faire, jusqu’au jour où ils se retrouveront groggys de leurs propres turpitudes. Voyez-vous ? Souvent, on commet l’erreur de croire que l’on évite des problèmes en se taisant face à certaines situations ; jusqu’au jour où les problèmes vont finir par nous rattraper. Voyez-vous ? Apprenons donc à faire preuve de discernement ! Cela dit, il serait de bon ton que les autorités compétentes ouvrent l’œil, et le bon. Il faut exiger des uns et des autres, qu’ils installent des extincteurs et qu’ils dégagent des voies d’accès aux secours en cas de sinistre. Ainsi, faut-il procéder au contrôle des installations électriques anarchiques afin de parer à toute éventualité. Toutes ces dispositions sont bonnes à prendre. Mais l’idéal à la longue, est d’envisager la construction de marchés modernes afin de protéger l’économie informelle et partant, de nombreuses familles.
Sidzabda
