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CAN CAMEROUN 2021

Une compétition, plusieurs défis

Dans quelques heures, les amoureux du ballon rond, d’Afrique et d’ailleurs, savoureront, une fois encore, le bonheur que procure la magie du football. Ce sera à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui se déroulera au Cameroun, du 9 janvier au 6 février 2022. Plusieurs fois reportée en raison, entre autres, de la crise sanitaire mondiale liée au virus à couronne, la CAN Cameroun 2021 est enfin là !  Quasiment un mois durant, les férus du sport-roi verront leur cœur battre au rythme des prestations et talents footballistiques de leurs idoles. Nombreux parmi ces fous du foot qui rongeaient leurs freins de voir enfin s’ouvrir la CAN au pays des Lions indomptables, noieront joyeusement leurs problèmes existentiels dans les flots d’excitations et de passions provoquées par ces moments d’ivresse. Bravo au Cameroun qui, jusqu’au bout, aura fait preuve de détermination et de résilience pour la tenue sur son sol, de la présente édition ; rien n’était gagné d’avance. A présent qu’on y est, l’on n’a plus qu’à souhaiter que la fête soit belle !  Du côté du pays organisateur, on assure, en tout cas, que tout est fin prêt en avançant que les dispositions nécessaires ont été prises pour relever le challenge.  Et Dieu seul sait si des défis, il y en a. A commencer par celui d’ordre organisationnel. Certes, l’on peut se féliciter que le pays organisateur à l’endroit duquel la Confédération africaine de football (CAF) émettait de « sérieux doutes » sur sa capacité à accueillir cette CAN, ait pu livrer, à temps, les infrastructures réclamées. Mais, c’est connu, les infrastructures, à elles seules, ne suffisent pas pour garantir le succès à une telle organisation d’envergure.

 

Il faut souhaiter que la présente édition connaisse un franc succès

 

Il y a, ensuite, le défi d’ordre sanitaire. Les craintes de nouvelles contaminations liées à la Covid-19, ont longtemps interrogé sur l’opportunité de tenir l’édition 2022 de la CAN. Le pays de l’inamovible Paul Biya ayant donné des gages quant à la sécurité sanitaire qui sera réservée à ses hôtes, il devra, à présent, travailler à donner tort à tous ceux qui étaient habités par le scepticisme et militaient donc pour le report de l’édition.  Toujours est-il que la Covid-19 est bien là, et bien réelle. Ce qui requiert rigueur et vigilance absolues dans la gestion des nombreux spectateurs qui se bousculeront dans les stades camerounais. Autrement, le risque de voir ces lieux se transformer en clusters et de voir par conséquent le taux d’infections de la maladie, sur le continent, grimper en flèche, deviendra une amère réalité.  Un tel scénario serait fort regrettable pour tout le monde et donnerait encore du grain à moudre aux clubs européens qui se refusaient à libérer leurs internationaux africains.  Il y a aussi le défi d’ordre sécuritaire.  On le sait, le Cameroun traverse une des plus grandes crises de son histoire, liée non seulement aux attaques terroristes qui continuent d’infester sa partie septentrionale, mais aussi au conflit séparatiste qui continue de le déchirer. Et le danger que ces deux guerres domestiques, impacte négativement l’organisation de cette CAN, est loin d’être insignifiant. D’autant que des groupes terroristes ont promis de perturber la compétition sportive et ont envoyé des lettres de menaces à des équipes.   Certes, les autorités de Yaoundé rassurent qu’un dispositif sécuritaire « exceptionnel » a été mis en place pour la circonstance. Mais on ne sait pas jusqu’où peut aller la détermination des séparatistes et des enturbannés de Boko Haram ou de son groupe rival, l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), à perturber la grand-messe footballistique.  A ces sérieuses menaces, il faut ajouter la très probable réaction de l’opposition camerounaise, en représailles aux récents emprisonnements de certains de ses membres, à seulement quelques jours de l’ouverture de la CAN. Il n’est pas exclu, en effet, qu’elle donne de la voix et travaille à gâcher la fête.  Enfin, il y a le défi d’ordre technique, lié à l’utilisation de la fameuse VAR (l’assistance vidéo à l’arbitrage). C’est, en effet, la première fois que sera utilisé ce dispositif vidéo dès le premier tour de la compétition.  Il faudra pouvoir relever le challenge. C’est dire si face à tous ces défis, le Cameroun aura fort à faire pour assurer le succès de la présente édition sportive. Mais il y a tout intérêt.  D’autant qu’au-delà des retombées économiques que procurera cette CAN, le Cameroun pourrait tirer d’autres dividendes, comme celui de voir son front social connaitre – qui sait – une certaine accalmie, le temps d’un mois, parce que le tout-Cameroun aura toute son attention tournée vers la compétition.  En tout état de cause, pour l’image du Cameroun, pour celle du continent et pour celle du football africain, il faut souhaiter que la présente édition connaisse un franc succès.   C’est de cette façon que le Cameroun en particulier et l’Afrique en général, pourront dire que la CAN 2021 valait la peine d’être organisée. 

 

« Le Pays »

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