MISE EN ŒUVRE D’UN ESSAI CLINIQUE CONTRE EBOLA EN RDC : Une lueur d’espoir
Moins de six mois après l’apparition de la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), l’espoir de venir à bout de ce mal qui diffuse la terreur dans les sept provinces de la Nation, voire dans d’autres pays comme le Kenya, et plus récemment le Nigeria, est permis. On est d’autant plus fondé à le penser que le premier participant à l’essai clinique Tumaini a été vacciné le 23 octobre dernier, à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. C’est dire si la prévention de la maladie à virus Bundibugyo qui se montre invincible, est en marche. Et on ose espérer que les fruits tiendront la promesse des fleurs. Certes, le chemin reste encore long. Car, entre cette phase d’essai et l’approbation définitive d’Ervebo, un vaccin autorisé contre le virus Zaïre et dont l’efficacité contre Bundibugyo n’a pas encore été établie, d’où cette évaluation clinique, il y a un fossé qui peut engloutir de nombreux patients. Toutefois, cet essai clinique conduit par l’Institut national de recherche biomédicale et l’Université d’Anvers, avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et qui permettra d’évaluer l’innocuité et l’immunogénicité, constitue une véritable lueur d’espoir. C’est d’autant plus vrai que deux autres candidats vaccins, développés par Moderna et par l’Université d’Oxford, en collaboration avec le Serum Institute of India, viendront allonger la liste. Et tout le mal qu’on puisse souhaiter à la RDC, c’est que ces différents candidats vaccins prouvent leur efficacité contre Ebola au grand bonheur des Congolais qui ne savent plus à quel… médecin se vouer.
La RDC se doit de faire preuve de vigilance et de résilience
Toujours est-il que face à cette épidémie d’Ebola qui a fait plus de 4 600 morts et contaminé plus de 9 500 personnes, prouvant ainsi sa grande dangerosité, les laboratoires ne sont pas restés les bras croisés. Loin s’en faut ! En effet, ils ont réussi, en l’espace de 5 à 6 mois, à développer des vaccins expérimentaux. Et c’est tout à leur honneur. Et si ces différents candidats vaccins peuvent immuniser l’humanité contre Ebola, c’est tant mieux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’essai clinique en cours en RDC, constitue, à n’en pas douter, une avancée notable dans la lutte contre l’Ebola. Cela dit, l’espoir suscité ne doit pas constituer une raison pour les Congolais, de baisser la garde. Autant dire que les autorités congolaises, avec à la tête le président Félix Tshisekedi, ont tout intérêt à poursuivre la sensibilisation afin d’amener les populations dont certaines font preuve de réticence, à adhérer entièrement aux mesures prises contre cette 17e épidémie d’Ebola en RDC. C’est d’autant plus nécessaire que la victoire, même si elle est à portée de main, reste une quête permanente, le taux de létalité atteignant toujours les 48,2%. En tout cas, la RDC aurait tort de ramer à contre-courant des efforts de la communauté internationale qu’il convient de féliciter au passage. Il faut d’autant plus lui tresser des lauriers que depuis l’apparition de la maladie en mai 2026, l’OMS et ses agences sans oublier les Etats-Unis et bien d’autres pays, la soutiennent à bout de bras. En plus de la recherche qui est en voie de porter le coup de grâce au virus Bundibugyo, la communauté internationale n’a pas hésité à délier les cordons de la bourse pour permettre à la RDC de mieux traquer Ebola. Cela dit, en attendant que la mise sur le marché du candidat vaccin Ervebo soit autorisée, la RDC se doit de faire preuve de vigilance et de résilience. En tout cas, c’est le prix à payer si elle veut assurer une meilleure surveillance des cas contacts et limiter la transmission du virus Bundibugyo contre lequel aucun vaccin spécifique ni traitement homologué n’est, à ce jour, disponible.
Dabadi ZOUMBARA