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POLITIQUE AU BURKINA : « Papys politiques, reposez-vous!», dit Raogo Sawadogo

 

Dans la réflexion ci-dessous, Raogo Levi Sawadogo dit être outré par les conflits de génération auxquels se livrent les hommes politiques burkinabè. Tout en reconnaissant leur utilité, il demande aux papys politiques de céder la place aux jeunes et de se reposer. Lisez plutôt !

Avant tout, nous remercions le journal d’avoir accepté de publier ce document qui nous tient à cœur. Et pour cause : constat de longévité forcée de certains aînés dans les activités politiques de notre pays.
De prime abord, nous affirmons haut et fort que nous sommes sidéré lorsque certains de nos séniors comme ils aiment à se faire appeler, sont omniprésents dans les postes de responsabilités dans des structures politiques. Le fait qui a déclenché notre courroux reste sans conteste l’écrit de M. Léonce Koné à M. Eddie Komboïgo. Pour poursuivre notre analyse, il faut préciser que nous ne nous connaissons ni l’un ni l’autre et nous ne sommes d’aucun bord politique. Nous sommes cinquantenaire et depuis un certain temps, nous assistons à un conflit générationnel qui ne dit pas son nom pour aller dans le sens de M. Lionnel Bilgo, chroniqueur à l’émission de débat sur l’actualité de BF1 tous les dimanches.
Aujourd’hui, tout le monde sait que notre pays est confronté à plusieurs problèmes : insécurité, grogne sociale, paupérisation. Nous nous attendions à voir nos séniors sur ces terrains, en train d’apporter leurs contributions à la résolution de ces difficultés. Cela pouvait se faire par l’organisation de cadres regroupant ces expérimentés qui feraient des propositions concrètes pour en sortir. Nous avons, dans ce pays, d’anciens et brillants hommes de tenue à la retraite. Que ne pouvaient-ils pas proposer comme solutions pour enrayer l’insécurité que nous vivons ? Nous avons, dans ce pays, d’anciens économistes eux aussi à la retraite. Que ne pouvaient-ils pas faire avec le MINEFID pour résoudre un tant soit peu la crise au sein de ce ministère ? Nous avons, dans ce pays, d’anciens agents de la santé et de l’éducation. Quelles démarches n’auraient-ils pas entreprises auprès des acteurs actuels et du gouvernement pour trouver des solutions ? Nous avons d’anciens hommes politiques, syndicalistes terrés dans leur coin pendant que le pays est en souffrance. Ne pourraient-ils pas apporter leurs contributions pour nous aider à nous en sortir ? Au lieu de cela, ceux qui osent sortir la tête de l’eau, restent très maladroits. Nous assistons à des confrontations inutiles, risibles, souvent créées par des anciens qui nous font honte : Laurent Bado contre Tahirou ; Simon Compaoré contre Bala Sakandé, Léonce Koné contre Eddie Kombïgo et j’en passe. Dans ces différents cas, ces aînés s’offrent en spectacle face à leurs concurrents ayant souvent l’âge de leurs enfants. Cela offre des occasions aux médias et à la population qui se contentent de trouver de la matière. Ces doyens, au lieu de se porter en conseils dans leur domaine spécifique, sont plutôt préoccupés et rongés par le mal de céder leur place aux plus jeunes. Lorsque Laurent Bado a traité Tahirou Barry de tous les noms de mauvais augure, on a tous ricané et étions contents d’écouter et de réécouter le vieux. Mais que nous a-t-il appris de sérieux. Rien ! Quand Simon Compaoré s’agrippe en tant que vice-président du MPP et rêve d’en devenir le président au lieu de céder la place à Bala Sakandé, le jeune président de l’Assemblée nationale, nous restons pantois. Quand Léonce Koné « crache ses vérités » selon la presse à Eddie Komboïgo, nous avouons avoir honte. Le CDP, un vieux parti qui veut toujours être géré par ses fondateurs. Des sexagénaires qui n’ont plus rien à prouver, mais qui ont beaucoup à donner à la jeune génération. Quand ce vieux dit que M. Komboïgo n’est pas présidentiable, nous voudrions lui demander si on naît présidentiable ou président. Georges Weah savait-il qu’il serait président un jour ? Et Donald Trump ? Et Emmanuel Macron ? ....  Norbert Zongo nous rappelait chaque fois que la gestion d’un pays est une question de génération. Actuellement, c’est la nôtre. Et nous profitons pour féliciter le président du Faso qui a vite compris la place qu’il fallait accorder à la jeunesse dans son gouvernement. Si la jeunesse n’est pas responsabilisée, comment voulez-vous qu’elle soit expérimentée ? Surtout lorsque des aînés, malgré leur âge et leurs problèmes de santé, veulent lui faire ombrage ?  Je demande donc à ces papys incommodants, d’apprendre à se mettre en retrait, de contribuer à rajeunir la classe politique et à nous épargner le ridicule.
Votre époque de « one man show » est révolue, il faut l’accepter, c’est la loi de la nature. A bon entendeur, salut !
Raogo Levi Sawadogo

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