Ombre et lumière

CONSEIL SUPERIEUR DE LA COMMUNICATION : Les agents remontés contre le vice-président

Les agents du Conseil supérieur de la communication (CSC) ont observé un mouvement d’humeur le vendredi 23 octobre 2015, à Ouagadougou. Ils entendaient ainsi soutenir deux de leurs collègues dont la vie aurait été mise en danger au moment du putsch, avec la complicité d’une autorité de l’institution chargée de réguler l’information et la communication.

Le vendredi 23 octobre 2015 n’a pas été une journée comme les autres au Conseil supérieur de la communication (CSC). Et pour cause : les agents ont déserté, dès la matinée, leurs bureaux pour une manifestation à l’entrée du bâtiment abritant le siège de l’institution. Certains scandaient, à notre arrivée sur les lieux aux environs de 9 h, des slogans hostiles au vice-président, Désiré Comboïgo, tandis que d’autres brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Non aux putschistes au CSC » ; « Non aux collaborateurs des putschistes » ; « Vice- président égale RSP » ; « Non à ceux qui mettent la vie des agents en danger » ; « Régulation égale neutralité ». Sur l’objet de la manifestation, le porte-parole du personnel, Boukaré Ouédraogo, a indiqué qu’il s’agissait bel et bien d’un mouvement d’humeur qui visait à empêcher le vice-président de participer à la session des conseillers qui se tenait ce matin-là. « Notre action fait suite au putsch manqué du 16 septembre dernier. Durant ce putsch, il y avait, et vous n’êtes pas sans le savoir, une radio de la résistance qui avait été créée et qui émettait sur la fréquence 108.0. A notre grande surprise, pendant que les gens étaient terrés chez eux, un membre du CSC, le vice-président en l’occurrence, a donné le numéro de certains agents du CSC aux éléments de l’ex-RSP afin que ceux-ci ordonnent à ces agents d’aller couper cette radio. Chose que les agents ont refusé. Ils ont éteint leurs portables et se sont éclipsés dans la nature. C’est une mise en danger pour ces agents et aussi une violation du devoir de neutralité de la part d’un membre du conseil du CSC. Nous estimons qu’il a collaboré de façon directe avec les putschistes. A ce titre, il n’est plus habilité à être un conseiller au CSC et il faudra que les plus hautes autorités prennent leurs responsabilités afin qu’il soit purement et simplement remercié et remplacé », a-t-il expliqué. Sur la nature réelle de la manifestation, Boukaré Ouédraogo a précisé que ce n’était ni une grève ni un sit-in, mais plutôt un mouvement d’humeur spontané qui se voulait, bref avec un objectif clair : « Faire en sorte que le vice-président ne participe plus au conseil du collège des conseillers. Nous sommes dans un environnement où la présence de cette personne fait que nous sommes en insécurité. Il a jeté en pâture les agents du CSC. Il y a un mot d’ordre qui avait été lancé par l’Unité d’action syndicale (UAS) : donc tout le monde était censé être chez soi. Maintenant, donner le numéro personnel des agents du CSC à des gens qui avaient des kalachnikovs, c’était mettre leur vie en péril ». A la question de savoir si le personnel disposait des preuves de leurs accusations contre Désiré Comboïgo, le porte-parole du personnel a rétorqué : « Ce sont des agents du CSC qui ont été appelés et ceux-ci sont avec nous. Ils sont 2 et relèvent du département technique. Si des Secrétaires généraux de ministères ont été remerciés pour avoir répondu à un appel du chef des putschistes, il va de soi que de cet acte hautement grave commis, l’on en tire les conséquences. L’objectif du mouvement, c’est de soutenir nos camarades qui ont été mis en danger et qui le sont toujours. Ils ont refusé de se soumettre aux injonctions de l’ex-RSP. Donc, l’on se dit qu’ils sont toujours en danger, dans la mesure où il y a des éléments de l’ex-RSP qui sont toujours en cavale. Nous demandons que le vice-président du CSC soit simplement remplacé parce que, c’est lui que nous indexons ». Interrogé sur la question, l’un des agents du département technique dont le numéro aurait été donné aux putschistes nous a confié plus tard en ces termes : « Ce matin, cela a chauffé au CSC. Les agents ont protesté contre le vice-président. Au moment du putsch, il a donné mon numéro pour que l’ex-RSP me contacte afin de localiser la radio de la résistance». Concernant la démarche entreprise pour résoudre le problème, Boukaré Ouédraogo a affirmé que le personnel n’a pas mis au courant la patronne du CSC, Nathalie Somé. « Nous n’avons pas rencontré la présidente. Elle n’a rien à voir avec cette affaire. C’est nous, en tant que collègues des agents concernés, qui estimons que nous avons un devoir de soutien envers eux. Désormais, on ne peut plus travailler parce que l’on ne sait pas ce qui se prépare derrière nous. L’obligation de réserve à laquelle tout conseiller du CSC est soumis doit être respectée. Le vice-président Désiré Comboïgo est le frère aîné de Eddie Komboïgo, président du CDP, et je précise cela parce que c’est très important. On n’est plus en sécurité de travail avec lui. Par conséquent, il faut que les plus hautes autorités en tirent les conséquences », a confié le porte-parole du personnel. Et de conclure que si la mise à l’écart du vice-président devrait mettre du temps, les travailleurs qui bénéficient dans leur lutte, du soutien d’Organisations de la société civile (OSC), se prépareront en conséquence.

Saïdou ZOROME (Collaborateur)

 

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